Payer le prix plutôt que restituer ne dispense pas le propriétaire de faire reconnaître son droit
Les faits
Un jugement du 8 octobre 2020 a ouvert le redressement judiciaire d'une société de fabrication de pâte à papier, des mandataires judiciaires et des administrateurs étant désignés. Saisis par des fournisseurs de demandes en revendication de bois vendus sous réserve de propriété, les administrateurs ont acquiescé à ces demandes, puis ont demandé au juge-commissaire, conjointement avec ces fournisseurs, l'autorisation de payer immédiatement le prix de ces bois plutôt que de les restituer. Les mandataires judiciaires, devenus liquidateurs, ont contesté cette voie.
La question posée
Le paiement immédiat du prix, qui évite la restitution du bien revendiqué, dispense-t-il le propriétaire de faire reconnaître son droit dans les formes de la revendication, et oblige-t-il le juge-commissaire à se prononcer sur l'opposabilité de la clause de réserve de propriété ?
Ce que l'arrêt décide
Le dernier alinéa de l'article L. 624-16 n'a ni pour objet ni pour effet de dispenser le propriétaire de faire reconnaître son droit dans les conditions des articles L. 624-9 et L. 624-17 ; il permet seulement à l'administrateur de ne pas restituer le bien en payant immédiatement son prix, sur autorisation du juge-commissaire.
Ce que dit la Cour« L'article L. 624-16 alinéa 4 du code de commerce n'a ni pour objet ni pour effet de dispenser le propriétaire de biens vendus avec une clause de réserve de propriété de faire reconnaître son droit dans les conditions prévues aux articles L. 624-9 et L. 624-17 de ce code mais permet à l'administrateur judiciaire de ne pas restituer ces biens en payant immédiatement leur prix sur autorisation du juge-commissaire. »
Texte intégral : source officielle
Les textes que cet arrêt applique
Pour aller plus loin sur ces textes
Au glossaire
Dans les guides
- Dettes URSSAF ou fiscales : comment négocier avant qu'il ne soit trop tard
- Le jour du jugement d'ouverture : ce qui change vraiment
- Mes contrats en cours : lesquels survivent, lesquels tombent
- Faire entrer de l'argent frais sans se faire diluer
- Ce que vous n'avez plus le droit de payer, et les exceptions
- Bail commercial et procédure collective : ce que le bailleur peut, et ne peut pas
Commentaire signé, source vérifiée le 24/09/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le