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Urgence

Article L622-7 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance — Code de commerce
Texte officiel, relecture en cours. Le texte ci-dessous est celui publié par Légifrance (identifiant LEGIARTI000044052577), repris intégralement et sans modification. Il n'a pas encore été relu par notre relecteur juridique : vérifiez sa version en vigueur à la source avant tout usage engageant.
L'essentiel en quelques secondes
Partie législative

I. Le jugement ouvrant la procédure emporte, de plein droit, interdiction de payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture, à l'exception du paiement par compensation de créances connexes. Il emporte également interdiction de payer toute créance née après le jugement non mentionnée au I de Art. L622-17 Article L622-17 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde I.-Les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins du déroulement de la procédure ou de la période d'observation, ou en contrepartie d'une prestation fournie au débiteur pendant cette pério... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance — Code de commerce Texte en attente de validation juridique. Cliquer pour consulter l'article complet → . Ces interdictions ne sont pas applicables au paiement des créances alimentaires.

La règle est automatique : elle ne dépend d'aucune décision et s'applique dès le jour du jugement. Le seul paiement libre est celui d'une créance connexe compensée.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

Le jugement emporte aussi inopposabilité du droit de rétention conféré par le 4° de l'article 2286 du code civil pendant la période d'observation et l'exécution du plan, et fait obstacle à la conclusion et à la réalisation d'un pacte commissoire.

Deux mécanismes contractuels de pression sont neutralisés : le créancier ne peut ni retenir un bien ni s'approprier la garantie.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

II. Le juge-commissaire peut autoriser le débiteur à faire un acte de disposition étranger à la gestion courante, à consentir une sûreté réelle en garantie d'une créance postérieure, à payer le transporteur exerçant l'action de l'article L. 132-8, ou à compromettre ou transiger. Si l'acte peut avoir une incidence déterminante sur l'issue de la procédure, il ne statue qu'après avis du ministère public.

C'est la soupape. Elle suppose une requête motivée : intérêt de l'entreprise, prix, urgence, pièces à l'appui.

Art. R621-21

Le juge-commissaire statue par ordonnance sur requête ; le recours se forme devant le tribunal dans les dix jours de la communication ou de la notification.

Après avis du ministère public, il peut aussi autoriser le débiteur à payer des créances antérieures pour retirer un gage ou une chose légitimement retenue, ou obtenir le retour de biens transférés en fiducie, lorsque ce retrait est justifié par la poursuite de l'activité. Le paiement peut également être autorisé pour lever l'option d'achat d'un crédit-bail justifiée par la poursuite de l'activité.

Exception décisive en pratique : elle permet de récupérer l'outil de travail immobilisé chez un créancier, à condition de démontrer qu'il est indispensable à l'activité.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

III. Tout acte ou tout paiement passé en violation des dispositions du présent article est annulé à la demande de tout intéressé ou du ministère public, dans un délai de trois ans.

La sanction est civile, mais elle nourrit aussi les sanctions personnelles : un paiement préférentiel après cessation des paiements est un cas d'ouverture de la faillite personnelle (Art. L653-5 Article L653-5 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de toute personne mentionnée à l'article L. 653-1 contre laquelle a été relevé l'un des faits ci-après : 1° Avoir exercé une activité commerciale, artisanale ou agricol... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance — Code de commerce Texte en attente de validation juridique. Cliquer pour consulter l'article complet → ).

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

Lire le texte officiel brut, sans annotation
Comment gérer cet article

C'est le texte qui change le quotidien du dirigeant dès le lendemain du jugement, et c'est aussi celui qui piège le plus souvent : le réflexe de payer « le petit fournisseur qui a été correct » est une nullité et un risque de sanction personnelle. Faites donc trois choses le jour même : bloquez les prélèvements et virements automatiques portant sur des dettes antérieures, prévenez votre comptabilité par écrit de la ligne de partage entre créances antérieures et postérieures, et listez les biens retenus par des créanciers (matériel gagé, marchandise retenue, véhicule en crédit-bail). Pour ces derniers, ne négociez pas directement : construisez une requête au juge-commissaire démontrant que le retrait est justifié par la poursuite de l'activité. Une autorisation obtenue vaut infiniment mieux qu'un arrangement discret qui sera annulé.

Forces pour le dirigeant
  • L'interdiction s'impose de plein droit : elle vous donne un motif légal opposable à tout créancier insistant.
  • Le droit de rétention de l'article 2286, 4° devient inopposable et le pacte commissoire est neutralisé.
  • Le juge-commissaire peut autoriser le retrait d'un gage ou d'une chose retenue indispensable à l'activité.
  • La compensation de créances connexes reste possible : les comptes réciproques peuvent s'apurer.
Faiblesses et pièges

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026) et juge-commissaire en procédures collectives Mis à jour le

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