Saisie-attribution en période suspecte : les impayés durables suffisent à établir ce que le créancier savait
Les faits
Un bailleur avait délivré à sa locataire, exploitant un fonds de commerce, un commandement de payer visant la clause résolutoire pour des loyers impayés, puis obtenu un arrêt la condamnant à lui payer une provision. Le 4 novembre 2020, fort de cette condamnation, il a pratiqué une saisie-attribution sur les comptes de la locataire pour 410 282,94 euros ; elle s'est révélée fructueuse à hauteur de 141 759,78 euros. Par jugement du 3 décembre 2020, la locataire a été mise en liquidation judiciaire, la date de cessation des paiements étant fixée au 4 novembre 2020, jour de la saisie. Le liquidateur a assigné le bailleur pour faire annuler la saisie, et la cour d'appel a prononcé cette annulation.
La question posée
La connaissance qu'avait le créancier de l'état de cessation des paiements, condition de l'annulation d'une saisie-attribution pratiquée en période suspecte, peut-elle se déduire de la durée et de l'ampleur des impayés ?
Ce que l'arrêt décide
La cour d'appel a pu retenir que le bailleur avait une connaissance personnelle de l'état de cessation des paiements de sa locataire à la date de la saisie-attribution, en se fondant sur des constatations faisant ressortir la durée et l'ampleur des impayés ainsi que l'absence de liquidités du débiteur.
Ce que dit la Cour« En l'état de ces constatations et appréciations, faisant ressortir la durée et l'ampleur des impayés ainsi que l'absence de liquidités de la société Espace Wok, la cour d'appel, qui n'avait pas à répondre aux conclusions visées à la seconde branche qui ne tendaient qu'à établir la mauvaise foi de la société locataire, a pu retenir que la bailleresse avait une connaissance personnelle de l'état de cessation des paiements de sa locataire à la date de la saisie-attribution. »
Texte intégral : source officielle
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Commentaire signé, source vérifiée le 24/09/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le