Revendication : sans administrateur, le débiteur ne peut acquiescer sans l'accord du mandataire, et le silence de celui-ci ne vaut pas accord
Les faits
Un jugement du 13 novembre 2018 a ouvert le redressement judiciaire d'une société, un mandataire judiciaire étant désigné. Un loueur de longue durée, propriétaire d'un véhicule confié à la débitrice, lui a demandé par lettres recommandées du 4 décembre 2018 de se positionner sur la poursuite du contrat et d'acquiescer à sa demande en revendication et restitution, avec copie au mandataire judiciaire. Par courriel du 20 décembre, la débitrice a reconnu le droit de propriété du loueur et indiqué vouloir poursuivre le contrat. Le loueur n'a pas saisi le juge-commissaire dans le mois, estimant que l'acquiescement du débiteur suffisait ; la cour d'appel l'a déclaré forclos, faute de preuve de l'accord préalable du mandataire judiciaire.
La question posée
En l'absence d'administrateur judiciaire, l'accord du mandataire judiciaire, nécessaire à l'acquiescement du débiteur à une demande en revendication, peut-il résulter de son silence après réception de la copie de la demande ?
Ce que l'arrêt décide
En l'absence d'administrateur judiciaire, le débiteur ne peut acquiescer à la demande de revendication sans l'accord du mandataire judiciaire, et cet accord ne peut résulter ni du seul silence de ce dernier après réception de la copie de la demande, ni de son absence d'opposition à l'acquiescement du débiteur.
Ce que dit la Cour« Il résulte de l'article L. 624-17 du code de commerce, rendu applicable au redressement judiciaire par l'article L. 631-18 du même code, qu'en l'absence d'administrateur judiciaire, le débiteur ne peut acquiescer à la demande de revendication sans l'accord du mandataire judiciaire. »
Texte intégral : source officielle
Les textes que cet arrêt applique
Pour aller plus loin sur ces textes
Commentaire signé, source vérifiée le 24/09/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le