Les honoraires de l'avocat des droits propres du débiteur naissent toujours régulièrement : créance postérieure utile
Les faits
La société Mar Ca, dont les parts étaient détenues à égalité par les familles C... et I..., a été placée en sauvegarde le 16 mars 2010, procédure convertie en redressement judiciaire le 17 mai 2011. Le 11 octobre 2011, le tribunal a arrêté un plan de cession au profit de M. G... I..., jugement confirmé le 1er mars 2012 ; l'acte de cession a été signé le 5 avril 2012 et la liquidation judiciaire prononcée le 10 juillet 2012. Le 21 août 2012, W... C..., ès qualités, a demandé l'inscription sur la liste des créances postérieures prévue par l'article L. 641-13, IV, du code de commerce d'une créance correspondant au paiement, sur son compte bancaire personnel, de factures d'honoraires de professionnels sollicités dans le cadre de l'activité de la société ; le liquidateur a refusé. Après le décès de M... C... le 21 mai 2013, ses héritières ont contesté la liste des créances, contestation rejetée par le juge-commissaire ; devant le tribunal, les consorts I... sont intervenus volontairement. Parmi ces honoraires figuraient ceux de l'avocat ayant assisté la société débitrice lorsque son gérant a interjeté appel du jugement arrêtant le plan de cession, agi en référé pour arrêter l'exécution provisoire et défendu à l'action en référé du cessionnaire.
La question posée
La créance d'honoraires de l'avocat qui assiste le débiteur dans l'exercice de son droit propre de relever appel du jugement arrêtant le plan de cession est-elle une créance née régulièrement, susceptible de bénéficier du traitement des créances postérieures ?
Ce que l'arrêt décide
L'exercice du droit propre du débiteur à relever appel du jugement arrêtant le plan de cession de son entreprise échappe, par principe, puisqu'il peut exercer seul un tel droit, à la répartition des pouvoirs entre le débiteur et les organes de sa procédure collective. Il en résulte que la créance d'honoraires de l'avocat du débiteur assistant celui-ci dans l'exercice de ses droits propres est toujours née régulièrement.
Ce que dit la Cour« D'une part, l'exercice du droit propre du débiteur à relever appel du jugement arrêtant le plan de cession de son entreprise échappe, par principe, puisqu'il peut exercer seul un tel droit, à la répartition des pouvoirs entre le débiteur et les organes de sa procédure collective. Il en résulte que la créance d'honoraires de l'avocat du débiteur assistant celui-ci dans l'exercice de ses droits propres est toujours née régulièrement. »
Texte intégral : source officielle
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Relu et validé le 31 août 2026 par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge des procédures collectives et juge-commissaire.
Commentaire signé, source vérifiée le 29/08/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le