Aller au contenu
Sauver mon entreprise.fr
Urgence
Cass. com. · 23/04/2013 · n° 11-25.963

Demander le relevé de forclusion ne dispense pas de déclarer, tout de suite

Assez consulté, 2 sur 4.
Cette fiche vous a servi ?
Arrêt commenté Rendu le 23 avril 2013 · Source : texte officiel

Les faits

La société Reisswolf a été mise en liquidation judiciaire par un jugement du 23 juillet 2008, publié au BODACC le 7 août 2008. M. et Mme X..., aux droits desquels sont venues Mme Martine X... et Mme Béatrice X..., se prétendaient créanciers d'une certaine somme. Ils n'avaient pas déclaré leur créance et ont saisi le juge-commissaire, le 15 juillet 2009, d'une demande de relevé de forclusion. Cette demande a été accueillie, sur recours, par le tribunal, le 3 mars 2010. Ce n'est qu'ensuite, le 18 mars 2010, qu'ils ont déclaré leur créance au passif. La cour d'appel de Metz, par un arrêt du 13 septembre 2011, avait admis cette déclaration faite après le relevé.

La question posée

Le créancier qui demande à être relevé de la forclusion peut-il attendre qu'il soit statué sur sa demande pour déclarer sa créance, ou doit-il la déclarer dans le délai préfix de l'action en relevé de forclusion ?

Ce que l'arrêt décide

Des créanciers forclos avaient saisi le juge-commissaire d'une demande de relevé de forclusion, puis attendu d'être relevés pour déclarer leur créance, huit mois plus tard. Cassation sans renvoi, déclaration irrecevable : le créancier défaillant doit déclarer sa créance dans le délai préfix de l'action en relevé, même s'il n'a pas encore été statué sur sa demande.

Ce que dit la Cour

« si aucun texte n'oblige le créancier défaillant à déclarer sa créance avant de saisir le juge-commissaire de sa demande de relevé de forclusion, il est néanmoins tenu de la déclarer dans le délai préfix de cette action, même s'il n'a pas été statué sur sa demande de relevé de forclusion à l'intérieur de ce délai »

Texte intégral : source officielle
La portée pratique
Comment s'en servir
Le créancier qui a laissé passer le délai de déclaration doit mener deux démarches de front, dans le même délai : saisir le juge-commissaire d'une demande de relevé de forclusion ET déclarer sa créance, sans attendre la décision sur le relevé. Rien n'impose de déclarer avant de saisir le juge, mais la déclaration doit être faite avant l'expiration du délai préfix de l'action en relevé. Le piège est de croire que la demande de relevé suspend ou reporte l'obligation de déclarer : elle ne la suspend pas, et une ordonnance favorable obtenue après l'expiration du délai ne sauve pas une déclaration tardive. Pour le débiteur et son conseil, c'est un moyen d'irrecevabilité à vérifier systématiquement en comparant la date de la déclaration à celle de l'expiration du délai de l'action, et non à celle de l'ordonnance de relevé.

Les textes que cet arrêt applique

Pour aller plus loin sur ces textes

Relu et validé le 14 août 2026 par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge des procédures collectives et juge-commissaire.

Partager

Commentaire signé, source vérifiée le 12/08/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

Signaler une erreur sur cette page

Chaque signalement est examiné par l'équipe éditoriale avant toute correction.

Information générale : ce site ne délivre aucun conseil juridique personnalisé. Avant toute décision, consultez un avocat. Lire l'avertissement Trouver un avocat