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Urgence

Article R645-19 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 01/01/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L645-11

La clôture de la procédure de rétablissement professionnel entraîne effacement des dettes à l'égard des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture de la procédure, a été portée à la connaissance du juge commis par le débiteur et a fait l'objet de l'information prévue à l'article L. 645-8. Ne peuvent être effacées les dettes correspondant aux créances des salariés, aux créances alimentaires et aux créances mentionnées aux 1° à 3° du I et au II de l'article L. 643-11. Les dettes effacées sont mentionnées dans le jugement de clôture. Ne peuvent être effacées les dettes grevant un patrimoine dont la situation n'est pas irrémédiablement compromise. Aucune dette ne peut être effacée lorsqu'il apparaît que le montant du passif total est disproportionné au regard de la valeur de l'actif, biens insaisissables de droit non compris.

Ouvrir la fiche complète de l'article →

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Un avis du jugement de clôture est adressé pour insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Cette insertion contient l'indication du nom du débiteur, de son adresse professionnelle, de son numéro unique d'identification ainsi que, s'il y a lieu, du nom du greffe ou de la chambre des métiers et de l'artisanat de région dont il relève, de l'activité exercée et de la date du jugement ainsi que du tribunal qui l'a rendu. Le même avis est publié dans un support d'annonces légales du lieu où le débiteur a son adresse professionnelle. Le greffier procède d'office à ces publicités dans les quinze jours de la date du jugement. Toutefois, en cas d'appel du ministère public en application du dernier alinéa de l'article R. 661-1 ou en cas d'arrêt de l'exécution provisoire ordonnée en vertu du quatrième alinéa de l'article R. 661-1, ces publicités ne sont effectuées par le greffier du tribunal qu'au vu de l'arrêt de la cour d'appel qui lui est transmis par le greffier de cette cour dans les huit jours de son prononcé. Un avis est également adressé pour insertion dans les registres prévus aux quatre premiers alinéas de l'article R. 621-8.

Identifiant : LEGIARTI000046073959

Ce que dit ce texte

La publicité de l'effacement, et une précaution de rédaction qui protège le débiteur mieux qu'on ne le croit. Pourquoi publier. L'effacement des dettes est opposable à tous, y compris à ceux que le mandataire n'a pas identifiés. Une décision qui produit un effet à l'égard de créanciers inconnus doit être portée à la connaissance du public : c'est la contrepartie logique de sa force. Le contenu de l'avis est précis, et chaque mention a une fonction. Le numéro unique d'identification est celui qui compte réellement : deux artisans peuvent porter le même nom dans le même département, et seule l'identification permet à une banque ou à un fournisseur de savoir de qui il s'agit. L'activité exercée et l'adresse professionnelle permettent le rapprochement pour ceux qui ne travaillent pas avec des numéros. La mention du greffe ou de la chambre de métiers oriente vers le registre où l'inscription figure. Les quinze jours et l'action d'office du greffier sont ce qui rend la publicité effective. Personne n'a à la demander. Le débiteur, qui n'a aucun intérêt à voir publier sa situation, n'a pas non plus à s'en occuper, ce qui évite les publications qui n'arrivent jamais. Le quatrième alinéa est la disposition la plus soignée de l'article, et il faut prendre le temps de l'expliquer. Si le ministère public fait appel, ou si l'exécution provisoire est arrêtée, rien n'est publié tant que la cour n'a pas statué. La raison est excellente : publier l'effacement des dettes d'un entrepreneur, puis voir la cour infirmer, laisserait dans les registres et dans les bases de données une information devenue fausse, et une rectification ultérieure ne rattraperait jamais tout à fait ce qui a été diffusé. On préfère attendre. C'est exactement le raisonnement qu'on retrouve à Art. R661-7 Article R661-7 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Le greffier de la cour d'appel transmet dans les huit jours du prononcé de l'arrêt une copie de celui-ci au greffier du tribunal pour l'accomplissement des mesures de publicité prévues à l'article R. 621-8 lorsque l'arrê... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour les arrêts infirmatifs, et il est ici appliqué en amont plutôt qu'en réparation. C'est mieux : prévenir une publicité fausse vaut mieux que la corriger. Les huit jours donnés au greffier de la cour pour transmettre l'arrêt referment le circuit sans laisser le dossier en suspens. La seule ombre est celle de la trace durable. Un rétablissement professionnel publié au BODACC est repris par les bases de données privées d'information sur les entreprises, et il y reste. Or ce dispositif existe pour permettre de recommencer. L'entrepreneur qui repart avec une ardoise effacée repart aussi avec une mention consultable par ses futurs partenaires. Le texte ne pouvait pas faire autrement, l'opposabilité aux tiers l'exigeant, mais l'effet mérite d'être connu de celui qui s'engage dans la procédure.

Comment gérer cet article

Pour le débiteur : sachez que la clôture sera publiée, et acceptez-le comme le prix de l'effacement. Aucune procédure d'effacement opposable à tous ne peut rester confidentielle. Vérifiez l'exactitude de l'avis publié, en particulier votre numéro d'identification. Une erreur peut faire attribuer votre situation à un autre, ou l'inverse. Anticipez ce que vos futurs partenaires liront. Mieux vaut expliquer soi-même, dès le premier rendez-vous, ce qu'un banquier trouvera de toute façon dans une base de données. Si le parquet a fait appel, rien ne sera publié avant l'arrêt. Votre situation n'est donc pas encore diffusée : c'est un répit, pas une garantie. Pour le créancier : c'est ici, et pas dans votre courrier, que vous apprendrez la clôture. Surveillez le BODACC si vous suivez un dossier.

Forces pour le dirigeant
  • Le report de la publicité en cas d'appel du parquet évite de diffuser une information qu'un arrêt pourrait rendre fausse.
  • Le greffier publie d'office dans les quinze jours : la publicité ne dépend de la diligence de personne.
  • Le numéro unique d'identification permet une identification sans ambiguïté, ce que le seul nom ne permettrait pas.
  • La double publication, BODACC et support local, atteint les professionnels comme le tissu économique de proximité.
  • Les huit jours de transmission de l'arrêt referment le circuit sans laisser le dossier en suspens.
Faiblesses et pièges
  • La publication est reprise par les bases privées et y demeure, alors que le dispositif existe pour permettre de recommencer.
  • L'adresse professionnelle publiée est souvent le domicile pour un entrepreneur individuel.
  • Rien n'est prévu pour rectifier une publication devenue inexacte après coup.
  • Le renvoi à trois autres articles rend le régime difficile à suivre pour le débiteur qu'il concerne.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Qui s'appuie sur ce texte

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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