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Urgence

Article R643-6 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 12/02/2020 · Source : Légifrance · Code de commerce
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L643-6 Application directe

Les créanciers privilégiés ou hypothécaires, non remplis sur le prix des immeubles, concourent avec les créanciers chirographaires pour ce qui leur reste dû.

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Art. L643-8

I.-Sans préjudice du droit de propriété ou de rétention opposable à la procédure collective et des dispositions des articles L. 622-17 et L. 641-13, le montant de l'actif distribuable est réparti dans l'ordre suivant : 1° Les subsides prévus à l'article L. 631-11 restés impayés ; 2° Les créances garanties par le privilège établi aux articles L. 3253-2, L. 3253-4 et L. 7313-8 du code du travail ; 3° Les frais de justice nés régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins du déroulement de la procédure restés impayés à l'échéance ; 4° Les créances garanties par le privilège prévu par l'article L. 624-21 ; 5° Les créances garanties par le privilège de conciliation établi par l'article L. 611-11 ; 6° Les créances nées régulièrement après le jugement ouvrant ou prononçant la liquidation mentionnées au quatrième alinéa du I de l'article L. 641-13 restées impayées à l'échéance ainsi que les créances résultant d'un arrêté pris en application du premier alinéa du 1° du II de l'article L. 171-8 du code de l'environnement ; 7° Les créances garanties par des sûretés immobilières classées entre elles dans l'ordre prévu au code civil ; 8° Les créances de salaires restées impayées à l'échéance dont le montant n'a pas été avancé en application des articles L. 3253-6, L. 3253-8 à L. 3253-12 du code du travail, dans les conditions prévues à l'article L. 641-13 ; 9° Les créances garanties par le privilège établi au 2° du III de l'article L. 622-17 restées impayées à l'échéance et par le privilège établi à l'article L. 626-10 ; 10° Les créances résultant de l'exécution des contrats mentionnées au 3° du III de l'article L. 622-17 restées impayées à l'échéance ; 11° Les sommes dont le montant a été avancé en application du 5° de l'article L. 3253-8 du code du travail, dans les conditions prévues à l'article L. 641-13 ; 12° Les autres créances non soumises à l'interdiction énoncée au premier alinéa de l'article L. 622-7, restées impayées, selon leur rang ; 13° Les créances garanties par le privilège du Trésor établi à l'article 1920 du code général des impôts, à l'exception des créances de toutes natures en matière de contributions indirectes et de celles mentionnées à l'article 379 du code des douanes ; 14° Les créances garanties par un nantissement, par le privilège du bailleur prévu à l'article 2332 du code civil dans la limite de six mois de loyers et celles garanties par le privilège prévu aux article L. 141-5 et suivants ; 15° Les créances de toutes natures en matière de contributions indirectes et celles mentionnées à l'article 379 du code des douanes ; 16° Les créances chirographaires, en proportion de leur montant. Le tout sans préjudice des autres droits de préférence. II.-La part correspondant aux créances sur l'admission desquelles il n'aurait pas été statué définitivement et, notamment, les rémunérations des dirigeants sociaux tant qu'il n'aura pas été statué sur leur cas, ainsi que celle correspondant aux frais de justice prévisibles, est mise en réserve.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Après le versement du prix de vente en cas d'adjudication ou l'accomplissement, par l'acquéreur, des formalités de purge en cas de vente de gré à gré, le liquidateur dresse l'état de collocation au vu des inscriptions, des créances admises et de la liste des créances mentionnées à l'article L. 641-13. Il peut, s'il l'estime utile, convoquer les créanciers inscrits, l'adjudicataire ou l'acquéreur. L'état est déposé par ses soins au greffe du tribunal devant lequel s'est déroulée la procédure. Toute personne peut prendre connaissance de cet état. Le greffier avertit les créanciers et l'adjudicataire ou l'acquéreur du dépôt de l'état de collocation par une insertion dans un ou plusieurs supports d'annonces légales et par une insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales contenant l'indication du journal d'annonces légales dans lequel a été faite la première insertion et la mention du délai de recours prévu à l'article R. 643-11. Le greffier adresse en outre, sauf dispense du juge-commissaire, à chaque créancier colloqué et à chaque créancier inscrit sur l'immeuble à domicile élu, une copie de l'état de collocation et indique le délai et les modalités du recours prévu à l'article R. 643-11. L'état de collocation est adressé aux institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail lorsqu'elles en auront fait la demande préalable.

Identifiant : LEGIARTI000041564118

Ce que dit ce texte

L'état de collocation est le document qui dit qui touche quoi, et dans quel ordre. C'est le moment de vérité d'une liquidation immobilière. Trois sources l'alimentent, et il faut les distinguer : les inscriptions (hypothèques, privilèges, qui donnent le rang), les créances admises (le passif vérifié, Art. L624-1 Article L624-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Dans le délai fixé par le tribunal, le mandataire judiciaire établit, après avoir sollicité les observations du débiteur, la liste des créances déclarées avec ses propositions d'admission, de rejet ou de renvoi devant la... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), et la liste de Art. L641-13 Article L641-13 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire I.-Sont payées à leur échéance les créances nées régulièrement après le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire : -si elles sont nées pour les besoins du déroulement de la procédure ou du maintien provi... En vigueur depuis le 25/10/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → (les créances nées après le jugement, qui priment). Une créance peut être admise au passif et ne rien toucher ici, faute d'inscription : l'admission fait exister la créance, l'inscription lui donne son rang. Beaucoup de créanciers découvrent la différence à cet instant précis. La publicité est double, et c'est déterminant : annonces légales et BODACC, cette dernière faisant courir les trente jours de contestation de Art. R643-11 Article R643-11 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Les contestations sont formées dans le délai de trente jours à compter de l'insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales avisant du dépôt de l'état de collocation. Elles sont faites par requête rem... En vigueur depuis le 01/01/2020 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . Le greffier adresse en outre une copie personnelle aux créanciers colloqués et aux créanciers inscrits. Cette double information est la seule chance qu'a un créancier de s'apercevoir qu'il a été mal classé, ou oublié. « Toute personne peut prendre connaissance de cet état. » La phrase est brève et l'ouverture est réelle : l'état de collocation n'est pas un document interne au mandataire, c'est une pièce publique. Un créancier qui doute de son rang n'a pas à le demander, il peut aller le lire. Le liquidateur peut convoquer les créanciers inscrits, l'adjudicataire ou l'acquéreur s'il l'estime utile. Faculté rarement exercée, mais qui permet de purger les difficultés avant le dépôt plutôt qu'après, quand elles coûtent une procédure devant le juge de l'exécution. Dernier alinéa, pour les salariés : l'état est adressé à l'AGS si elle en a fait la demande préalable. « Préalable » : personne ne la préviendra spontanément.

Comment gérer cet article

Aller lire l'état de collocation, sans attendre la copie. Il est public et déposé au greffe. Trente jours courent depuis le BODACC, pas depuis la réception de votre courrier, qui peut arriver après. Vérifier trois choses : que votre créance figure, qu'elle figure au bon montant, et surtout qu'elle figure au bon rang. Le rang vient de l'inscription, pas de l'admission. Pour un créancier inscrit : élire domicile et le maintenir à jour. La copie part à domicile élu ; une adresse périmée fait perdre l'information sans faire perdre le délai. Pour l'AGS : formuler la demande préalable dès l'ouverture, faute de quoi l'état ne lui sera pas adressé.

Forces pour le dirigeant
  • Un document unique, public et consultable par tous : la répartition n'est pas une décision opaque.
  • La double publicité, complétée d'une copie personnelle, donne au créancier une vraie chance de réagir.
  • La faculté de convoquer avant le dépôt permet de régler les difficultés au bon moment.
  • L'appui sur les inscriptions ET les créances admises garantit que le rang n'est pas reconstruit de mémoire.
Faiblesses et pièges
  • Le délai court du BODACC, que presque personne ne consulte, alors que la copie arrive par la poste, parfois après.
  • La distinction entre admission et rang, décisive, n'est expliquée nulle part au créancier non professionnel.
  • La demande préalable exigée de l'AGS est un piège pour un organisme qui traite des milliers de dossiers.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Qui s'appuie sur ce texte

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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