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Urgence

Article R645-10 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel, tout simplement
En clair

Le rétablissement professionnel peut effacer vos dettes, et vos créanciers doivent donc l'apprendre. La loi a choisi la lettre simple, pas le recommandé, pour deux raisons : la procédure s'adresse à des entrepreneurs sans actif et n'a pas de trésorerie, et surtout le créancier n'a aucun acte à accomplir, aucun délai ne court contre lui, donc il n'y a rien à dater. Le point important pour vous est ailleurs : la lettre part avec deux annexes, l'inventaire de vos biens et la liste des créances que vous avez déclarées. Autrement dit, chacun de vos créanciers va lire noir sur blanc ce que vous affirmez posséder et ce que vous affirmez devoir, à qui. Le fournisseur qui sait qu'il existe une camionnette, la banque qui sait qu'un compte n'a pas été mentionné, le concurrent qui sait qu'une activité continue sous un autre nom : ils ont tous le document en main. C'est la meilleure raison de ne rien omettre, et c'est aussi votre protection si votre déclaration est sincère, car une déclaration qui ne suscite aucune contestation de créanciers pleinement informés est une déclaration solide.

À ne pas faire
  • Vérifiez l'inventaire et la liste des créances avant leur envoi : ces documents partent à tous vos créanciers connus, et une omission se saura.
  • N'oubliez personne dans votre liste de créanciers : un créancier omis ne recevra pas la lettre, mais sa créance ne sera pas effacée, et il reviendra plus tard.
  • Si vous êtes créancier, lisez les annexes et pas seulement la lettre : c'est là que vous verrez si votre créance figure, et pour le bon montant.
  • Si vous êtes créancier, ne cherchez pas à déclarer votre créance : il n'y a rien à déclarer ici, et aucun délai ne court contre vous. Ce que la loi attend de vous, c'est de signaler un bien ou une créance manquants.
Lire le texte officiel de l'article

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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