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Urgence

Article R641-33 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L641-4

Le liquidateur procède aux opérations de liquidation en même temps qu'à la vérification des créances. Il peut introduire ou poursuivre les actions qui relèvent de la compétence du mandataire judiciaire. Il n'est pas procédé à la vérification des créances chirographaires s'il apparaît que le produit de la réalisation de l'actif sera entièrement absorbé par les frais de justice et les créances privilégiées, à moins qu'il n'y ait lieu de mettre à la charge des dirigeants sociaux de droit ou de fait ou de cet entrepreneur tout ou partie du passif conformément à l'article L. 651-2. Lorsqu'il apparaît nécessaire de reprendre la vérification des créances, le juge-commissaire fixe pour y procéder un délai supplémentaire qui ne peut excéder six mois. La fixation de ce délai supplémentaire a les mêmes conséquences que celle du délai prévu à l'article L. 624-1. Le liquidateur exerce les missions dévolues à l'administrateur et au mandataire judiciaire par les articles L. 622-6, L. 622-20, L. 622-22, L. 622-23, L. 625-3, L. 625-4 et L. 625-8. Les licenciements auxquels procède le liquidateur en application de la décision ouvrant ou prononçant la liquidation, le cas échéant au terme du maintien provisoire de l'activité autorisé par le tribunal, sont soumis aux dispositions de l'article L. 1233-58 du code du travail. L'avis du comité social et économique est rendu au plus tard dans les douze jours de la décision prononçant la liquidation, ou, si le maintien provisoire de l'activité a été autorisé par le tribunal, dans les douze jours suivant le terme de cette autorisation. L'absence de remise du rapport de l'expert mentionné aux articles L. 1233-34, L. 1233-35, L. 2325-35 ou L. 4614-12-1 du code du travail ne peut avoir pour effet de reporter ce délai.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Les articles R. 625-1 à R. 625-7 sont applicables à la procédure de liquidation judiciaire. Le liquidateur exerce les fonctions dévolues par ces dispositions au mandataire judiciaire. Il remplit l'obligation mise à la charge du débiteur par le deuxième alinéa de l'article R. 625-1.

Identifiant : LEGIARTI000006269686

Ce que dit ce texte

L'importation du régime des créances salariales, et une substitution qui va plus loin que les autres. Ce que couvrent Art. R625-1 Article R625-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Au vu des documents ou à partir des informations fournies par les salariés, par le débiteur, par l'administrateur ainsi que par le représentant des salariés, le mandataire judiciaire vérifie les créances résultant d'un c... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → à Art. R625-7 Article R625-7 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les recours prévus à l'article L. 625-6 sont exercés dans le délai d'un mois. En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → : le traitement des salaires. L'établissement des relevés de créances salariales, leur vérification, leur transmission aux institutions de garantie, leur contestation devant le conseil de prud'hommes. C'est le bloc le plus urgent de toute la procédure : un salarié qui n'est pas payé ne peut pas attendre les délais du droit des entreprises en difficulté. La première substitution est classique : le liquidateur exerce les fonctions du mandataire judiciaire. On la retrouve à Art. R641-28 Article R641-28 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Les articles R. 624-1 à R. 624-11 sont applicables à la procédure de liquidation judiciaire. Le liquidateur exerce les fonctions dévolues au mandataire judiciaire par ces dispositions. En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour la vérification des créances. La seconde substitution est différente et bien plus remarquable : le liquidateur remplit l'obligation mise à la charge du DÉBITEUR. Ce n'est plus un professionnel qui remplace un autre professionnel, c'est le liquidateur qui prend en charge une obligation qui pesait sur le chef d'entreprise. Il faut expliquer pourquoi, parce que c'est révélateur du bon sens du texte. L'obligation en cause suppose de fournir les éléments permettant d'établir les créances salariales : contrats, bulletins de paie, ancienneté, soldes de congés. Or en liquidation, le débiteur est dessaisi. Souvent, il n'a plus accès aux locaux, plus de logiciel de paie, plus de comptable, parfois plus le moral. Compter sur lui pour accomplir cette obligation, ce serait accepter que les salariés attendent. Et attendre, ici, a un coût immédiat. Les créances salariales sont couvertes par l'AGS, mais l'AGS ne paie que sur présentation de relevés établis et visés. Tant que les relevés ne sont pas faits, aucun salarié n'est payé. Un retard de trois semaines dans l'établissement des relevés, c'est trois semaines pendant lesquelles des familles n'ont rien. En transférant l'obligation au liquidateur, le texte fait porter la charge sur celui qui a les moyens de l'exécuter. C'est une règle de réalisme, et c'est l'une des plus protectrices du chapitre. La limite, comme partout dans ce chapitre : aucun délai n'est fixé ici. Les délais figurent dans les articles importés, et ils sont brefs, mais le présent texte ne les rappelle pas.

Comment gérer cet article

Pour le salarié : votre interlocuteur est le liquidateur, pas votre ancien employeur. C'est lui qui établit les relevés et les transmet à l'AGS. Fournissez-lui vos éléments sans attendre : contrat, derniers bulletins, ancienneté, congés non pris, heures supplémentaires. Plus les relevés sont complets vite, plus vous êtes payé vite. Vérifiez le relevé qui vous concerne. C'est lui qui déterminera ce que l'AGS versera : une erreur d'ancienneté ou de solde de congés se paie directement. Si vous contestez, la juridiction compétente est le conseil de prud'hommes (Art. R625-1 Article R625-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Au vu des documents ou à partir des informations fournies par les salariés, par le débiteur, par l'administrateur ainsi que par le représentant des salariés, le mandataire judiciaire vérifie les créances résultant d'un c... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → et suivants), et les délais sont brefs. Pour les représentants du personnel : suivez l'établissement des relevés, c'est l'urgence absolue. Aucun salarié n'est payé tant qu'ils ne sont pas faits.

Forces pour le dirigeant
  • L'obligation du débiteur passe au liquidateur : elle est confiée à celui qui a les moyens de l'exécuter.
  • Les salariés ne dépendent pas d'un dirigeant dessaisi, sans locaux ni logiciel de paie, pour être payés.
  • Tout le régime des créances salariales est importé sans être réécrit : cohérence entre les procédures.
  • La double substitution couvre à la fois les fonctions professionnelles et l'obligation du chef d'entreprise.
Faiblesses et pièges
  • Aucun délai n'est rappelé dans le texte, alors que la rapidité conditionne le paiement des salariés.
  • Le liquidateur doit reconstituer des éléments de paie qu'il n'a pas produits, ce qui prend du temps.
  • Le renvoi à sept articles rend le régime illisible pour le salarié qu'il concerne.
  • Rien n'organise l'information des salariés sur l'avancement de l'établissement des relevés.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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