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Urgence

Article D611-9 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Le concours que l'État et ses établissements publics peuvent prêter aux groupements est sollicité par ces derniers après accord écrit et formulé au cas par cas des entreprises adhérentes en cause.
  • Les renseignements nominatifs éventuellement délivrés conservent leur caractère confidentiel.
  • L'inobservation de cette règle entraîne de plein droit le retrait de l'agrément dans les formes prévues pour son octroi.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L611-1

Toute personne immatriculée au registre du commerce et des sociétés ou au registre national des entreprises en tant qu'entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat ainsi que tout entrepreneur individuel à responsabilité limitée et toute personne morale de droit privé peut adhérer à un groupement de prévention agréé par arrêté du représentant de l'Etat dans la région. Ce groupement a pour mission de fournir à ses adhérents, de façon confidentielle, une analyse des informations économiques, comptables et financières que ceux-ci s'engagent à lui transmettre régulièrement. Lorsque le groupement relève des indices de difficultés, il en informe le chef d'entreprise et peut lui proposer l'intervention d'un expert. A la diligence du représentant de l'Etat, les administrations compétentes prêtent leur concours aux groupements de prévention agréés. Les services de la Banque de France peuvent également, suivant des modalités prévues par convention, être appelés à formuler des avis sur la situation financière des entreprises adhérentes. Les groupements de prévention agréés peuvent aussi bénéficier d'aides des collectivités territoriales. Les groupements de prévention agréés sont habilités à conclure, notamment avec les établissements de crédit, les sociétés de financement et les entreprises d'assurance, des conventions au profit de leurs adhérents.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Le concours que l'Etat et ses établissements publics peuvent prêter aux groupements est sollicité par ces derniers après accord écrit et formulé au cas par cas des entreprises adhérentes en cause. Les renseignements nominatifs éventuellement délivrés conservent leur caractère confidentiel. L'inobservation de cette règle entraîne de plein droit le retrait de l'agrément dans les formes prévues pour son octroi.

Identifiant : LEGIARTI000006268851

Ce que dit ce texte

Le dernier article du chapitre, et c'est le plus dur du lot. Le premier alinéa pose une double condition au concours de l'État, et chaque mot compte. « Accord écrit » : pas un accord verbal, pas une adhésion générale signée une fois pour toutes. Un écrit, qu'on peut produire. « Formulé au cas par cas » : et c'est l'exigence décisive. Le groupement ne peut pas faire signer à l'adhésion une autorisation globale valable pour l'avenir. Chaque sollicitation du concours de l'État exige un accord nouveau, pour cette entreprise et cette démarche. Pourquoi cette rigueur, et il faut le dire franchement. Ce que le groupement peut obtenir de l'État et de ses établissements publics, ce sont des informations : la situation d'une entreprise auprès de l'URSSAF, du Trésor, de la Banque de France. Des informations que le dirigeant n'a peut-être pas données, et qui révèlent l'ampleur réelle de sa difficulté. Le dirigeant doit donc savoir, à chaque fois, ce qu'on va demander sur lui et à qui. Une autorisation globale lui ferait signer un blanc-seing sur une démarche qu'il ne connaîtrait pas. Et il y a l'autre face, celle qui touche à la nature même du dispositif. On a vu à Art. D611-2 Article D611-2 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Les groupements de prévention agréés sont constitués sous toute forme juridique qui leur confère une personnalité morale de droit privé. En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → que le groupement doit être de droit privé, pour ne pas être soupçonné de relayer l'administration. Cet article trace la même frontière dans l'autre sens : le groupement ne va chercher de l'information publique qu'avec l'accord exprès de l'intéressé. Le deuxième alinéa affirme la confidentialité des renseignements nominatifs obtenus, ce qui était nécessaire mais attendu. La seconde phrase de ce même alinéa est celle qui donne au texte sa force : « l'inobservation de cette règle entraîne DE PLEIN DROIT le retrait de l'agrément ». Comparer avec Art. D611-7 Article D611-7 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises L'agrément est accordé pour une durée maximale de trois ans renouvelable par arrêté du préfet de la région où est situé le siège du groupement. La décision tient compte notamment : De la conformité des objectifs du gro... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , où le retrait « peut être » prononcé en cas de non-respect des engagements de Art. D611-5 Article D611-5 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Les groupements s'engagent : A ne faire aucune publicité, sauf dans les journaux et bulletins professionnels ; A faire figurer sur leur correspondance et sur tous les documents établis par leurs soins leur qualité de g... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . Faculté, appréciation, proportionnalité. Ici : de plein droit. Aucune appréciation. Une seule indiscrétion sur un renseignement nominatif, et l'agrément tombe. La sévérité est délibérée, et elle se comprend quand on mesure ce qui est en jeu. Ce que le groupement détient peut tuer une entreprise : une information sur des cotisations impayées, parvenue à un fournisseur ou à une banque, et le crédit se ferme en quinze jours. Un dispositif qui demande cette confiance ne peut pas tolérer une indiscrétion, même unique, même involontaire. La sanction automatique est la seule qui rende la promesse crédible. « Dans les formes prévues pour son octroi » maintient toutefois la garantie procédurale : le retrait est de plein droit quant à son principe, non quant à sa forme. Le groupement est entendu, comme il l'a été à l'octroi. On ne le prive pas de se défendre sur les faits. C'est le dernier article du chapitre des groupements de prévention, et il dit bien ce que ce chapitre a cherché à construire : un dispositif où un dirigeant peut parler sans risque.

Comment gérer cet article

Chaque sollicitation du concours de l'État exige VOTRE accord écrit : pas de blanc-seing. Refusez toute autorisation globale signée à l'adhésion : le texte exige le cas par cas. Une seule indiscrétion fait tomber l'agrément de plein droit : c'est votre garantie. Demandez ce qui sera demandé, et à qui, avant de donner votre accord. Les renseignements nominatifs restent confidentiels : c'est opposable au groupement. Le groupement reste entendu avant le retrait : la forme est celle de l'octroi.

Forces pour le dirigeant
  • L'accord au cas par cas interdit tout blanc-seing signé à l'adhésion.
  • Le retrait de plein droit rend la promesse de confidentialité crédible.
  • La frontière avec l'administration est tracée dans les deux sens.
  • Les formes de l'octroi sont maintenues au retrait : le groupement peut se défendre sur les faits.
Faiblesses et pièges
  • Le texte ne dit pas quelles informations l'État peut délivrer, ni dans quelles limites.
  • Le retrait de plein droit ne distingue pas l'indiscrétion grave de la négligence mineure.
  • L'entreprise dont l'information a fui n'a aucun recours organisé par ce texte.
  • Aucune information des adhérents n'est prévue sur les concours effectivement sollicités.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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