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Urgence

Article R663-27 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 29/02/2016 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Il est alloué au liquidateur un émolument fixé par arrêté au titre de l'ensemble des obligations résultant de la cessation d'activité d'une ou plusieurs installations classées (titre Ier du livre V du code de l'environnement). Cet émolument varie selon que :
  • 1° La ou les installations sont soumises à déclaration ;
  • 2° L'une au moins est soumise à autorisation ou enregistrement ;
  • 3° L'une au moins figure sur une liste prévue au IV de L. 515-8 du code de l'environnement.
  • Cet émolument est doublé lorsque l'une au moins des installations soumises à autorisation ou enregistrement a fait l'objet d'un arrêté prescrivant des mesures d'urgence et de mise en sécurité du site.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L663-4

Le juge-commissaire a droit, sur l'actif du débiteur, au remboursement de ses frais de déplacement.

Ouvrir la fiche complète de l'article →

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Il est alloué au liquidateur un émolument déterminé par un arrêté pris en application de l'article L. 444-3 au titre de l'ensemble des obligations résultant de la cessation d'activité d'une ou de plusieurs installations classées au sens du titre Ier du livre V du code de l'environnement. Cet émolument varie selon que : 1° La ou les installations sont soumises à déclaration ; 2° L'une au moins des installations classées est soumise à autorisation ou enregistrement ; 3° L'une au moins des installations classées figure sur une liste prévue au IV de l'article L. 515-8 du code de l'environnement. Cet émolument est doublé lorsque l'une au moins des installations classées soumises à autorisation ou à enregistrement a fait l'objet d'un arrêté de l'autorité administrative prescrivant des mesures d'urgence et de mise en sécurité du site.

Identifiant : LEGIARTI000032139410

Ce que dit ce texte

Le prix de la dépollution, et c'est l'article le plus moderne du chapitre. Le problème est réel, et il grandit. Une usine ferme, l'entreprise est liquidée, et il reste un site pollué. Qui le met en sécurité ? Le liquidateur, parce qu'il représente la personne morale débitrice, et que les obligations environnementales de cessation d'activité lui incombent. Et ce travail est hors de toute proportion avec le reste de sa mission. Il faut dialoguer avec la DREAL, faire établir des diagnostics de pollution des sols, organiser l'évacuation des déchets dangereux, parfois obtenir des devis de dépollution à sept chiffres, et répondre d'un risque pénal personnel. Un liquidateur payé au barème ordinaire refuserait ce travail, ou le ferait mal. Il faut donc le rémunérer spécialement, et c'est ce que fait cet article. Le barème à trois niveaux suit exactement la nomenclature du code de l'environnement, et c'est une bonne technique de rédaction : on n'invente pas une échelle, on emprunte celle qui existe. 1° Installations soumises à déclaration : le niveau le plus léger. Une chaudière, un atelier de peinture. Les obligations de cessation sont réelles mais encadrées. 2° Autorisation ou enregistrement : le niveau intermédiaire. Un site industriel qui a dû obtenir une autorisation préfectorale. Les obligations deviennent lourdes : diagnostic, mise en sécurité, remise en état. 3° La liste du IV de L. 515-8 : le niveau le plus élevé. Ce sont les installations qui présentent les risques les plus importants pour l'environnement et la santé. La responsabilité du liquidateur y est maximale. Et le dernier alinéa double l'émolument quand un arrêté a prescrit des mesures d'urgence et de mise en sécurité du site. C'est le cas où le site est dangereux maintenant. Fûts de produits toxiques à ciel ouvert, cuve qui fuit vers une nappe, bâtiment menaçant ruine avec de l'amiante. Le liquidateur doit agir dans l'urgence, engager des dépenses considérables, et il y engage sa responsabilité personnelle. Le doublement est la reconnaissance que ce n'est plus le même métier. Ce que cet article dit de l'évolution du droit des procédures collectives : la liquidation n'est plus seulement une opération de répartition entre créanciers. Elle porte une charge d'intérêt général, environnementale, qui ne se négocie pas et qui passe avant les dividendes. Le barème a dû en rendre compte, et il le fait sérieusement.

Comment gérer cet article

Pour le liquidateur : identifiez les installations classées dès l'ouverture. L'émolument en dépend. Vérifiez le niveau : déclaration, autorisation ou enregistrement, liste du IV de L. 515-8. Un arrêté de mesures d'urgence double l'émolument : vérifiez s'il en existe un. Pour le dirigeant : la copie de votre autorisation figure au dossier de demande (Art. R631-1 Article R631-1 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire La demande d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire est déposée par le représentant légal de la personne morale ou par le débiteur personne physique au greffe du tribunal compétent. A cette demande sont jo... En vigueur depuis le 17/06/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , 12°). Les obligations environnementales passent avant les dividendes : elles ne se négocient pas. Pour le créancier : ces frais réduisent votre dividende, et vous ne pouvez pas vous y opposer.

Forces pour le dirigeant
  • Le barème emprunte la nomenclature existante du code de l'environnement.
  • Les trois niveaux reflètent la gravité réelle des obligations.
  • Le doublement en cas de mesures d'urgence reconnaît un travail d'une autre nature.
  • La rémunération spéciale évite qu'un liquidateur néglige la mise en sécurité d'un site.
Faiblesses et pièges
  • Le code renvoie à un arrêté sans dire lequel : les montants se lisent aux articles A663.
  • L'émolument est forfaitaire par niveau, sans égard au nombre d'installations.
  • Les frais réduisent le dividende des créanciers, qui n'ont aucun moyen de s'y opposer.
  • Le texte ne prévoit rien quand l'actif est insuffisant pour financer la mise en sécurité.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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