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Urgence

Article R653-4 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L653-9

Le droit de vote des dirigeants frappés de la faillite personnelle ou de l'interdiction prévue à l'article L. 653-8 est exercé dans les assemblées des personnes morales soumises à une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire par un mandataire désigné par le tribunal à cet effet, à la requête de l'administrateur, du liquidateur ou du commissaire à l'exécution du plan. Le tribunal peut enjoindre à ces dirigeants ou à certains d'entre eux, de céder leurs actions ou parts sociales dans la personne morale ou ordonner leur cession forcée par les soins d'un mandataire de justice, au besoin après expertise. Le produit de la vente est affecté au paiement de la part des dettes sociales dans le cas où ces dettes ont été mises à la charge des dirigeants.

Ouvrir la fiche complète de l'article →

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Toute demande en relevé des déchéances, interdictions et incapacités est adressée par requête à la juridiction qui les a prononcées. Sont joints à la requête tous documents justifiant de la contribution au paiement du passif ou, lorsque l'intéressé a fait l'objet de l'interdiction prévue à l'article L. 653-8, des garanties démontrant sa capacité à diriger ou contrôler l'une ou plusieurs des entreprises ou personnes visées par cet article. Ces garanties peuvent consister en une formation professionnelle. La juridiction statue après avoir entendu le demandeur et recueilli l'avis du ministère public.

Identifiant : LEGIARTI000006269774

Ce que dit ce texte

L'article qui dit qu'une faillite personnelle n'est pas une condamnation à perpétuité. Il est court, et chacune de ses phrases compte. Une requête, devant la juridiction qui a prononcé. Pas d'assignation, pas d'adversaire à citer : une requête, ce qui est la voie la plus simple du droit français. Le tribunal qui vous a sanctionné est celui qui vous relève, ce qui est logique : il connaît le dossier. Deux chemins de preuve, selon la sanction. Pour la faillite personnelle : justifier d'une contribution au paiement du passif. Le texte dit « contribution », pas « paiement intégral » : personne n'attend d'un dirigeant ruiné qu'il désintéresse tous ses créanciers, mais on attend qu'il ait fait quelque chose. Pour l'interdiction de gérer de Art. L653-8 Article L653-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit tout... En vigueur depuis le 08/08/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → : des garanties démontrant la capacité à diriger. Et là, la phrase qui mérite d'être connue : « Ces garanties peuvent consister en une formation professionnelle. » C'est explicitement écrit. Un dirigeant interdit de gérer qui suit une formation en gestion, en droit des affaires ou en pilotage financier constitue, par ce seul fait, la preuve que le texte attend. Ce n'est pas une interprétation bienveillante, c'est le texte. Cette phrase transforme le relèvement en parcours : il y a quelque chose à faire, c'est concret, et cela ne dépend pas de la fortune de l'intéressé. Le demandeur est entendu. Pas jugé sur pièces : entendu. Pour quelqu'un qui a subi une sanction publique, pouvoir s'expliquer devant le même tribunal quelques années plus tard n'est pas rien. L'avis du ministère public est recueilli, ce qui rappelle que ces sanctions relèvent de l'ordre public économique et ne se lèvent pas en catimini.

Comment gérer cet article

Constituer le dossier dans la durée, pas la veille. Contribution au passif : conservez chaque preuve de versement, même modeste. Formation : conservez les attestations. Ce sont exactement les pièces que le texte demande. Prendre la formation professionnelle au sérieux. Le texte la cite expressément comme garantie recevable. C'est le chemin le plus accessible pour un dirigeant qui n'a plus les moyens de contribuer au passif. Préparer l'audition. Vous serez entendu : ce qui s'est passé, ce qui a changé, ce que vous feriez différemment. Cette explication vaut souvent autant que les pièces. Écrire au greffe de la juridiction qui a prononcé pour connaître les modalités pratiques de dépôt de la requête : c'est elle qui est compétente, et une requête déposée ailleurs est perdue.

Forces pour le dirigeant
  • La sanction n'est pas définitive : le relèvement est organisé, accessible par simple requête.
  • La formation professionnelle expressément admise comme garantie ouvre un chemin qui ne dépend pas de l'argent.
  • « Contribution » et non paiement intégral : l'exigence reste atteignable pour un dirigeant ruiné.
  • L'audition du demandeur donne une place à ce qui a changé, et pas seulement aux pièces.
Faiblesses et pièges
  • Aucun délai n'est fixé : ni délai minimum avant de demander, ni délai pour statuer.
  • L'appréciation des garanties est entièrement laissée à la juridiction, sans critère chiffré.
  • Le dirigeant sanctionné apprend rarement que la formation professionnelle suffit à constituer une garantie.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Qui s'appuie sur ce texte

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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