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Urgence

Article R645-18 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 02/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Le jugement de clôture est notifié au débiteur et communiqué au ministère public par le greffier.
  • À leur demande, les créanciers dont les dettes sont effacées peuvent obtenir du greffier un extrait certifié conforme du jugement.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L645-10

Après avoir recueilli l'avis du ministère public et sur le rapport du mandataire judiciaire ou de la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II de l'article L. 812-2 ou sur le fondement du III de ce même article, le juge commis renvoie l'affaire devant le tribunal aux fins d'application des dispositions de l'article L. 645-9 ou aux fins de voir prononcer la clôture de la procédure de rétablissement professionnel, sans qu'il y ait lieu à liquidation. Le jugement de clôture peut faire l'objet d'un recours dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

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Art. L645-11

La clôture de la procédure de rétablissement professionnel entraîne effacement des dettes à l'égard des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture de la procédure, a été portée à la connaissance du juge commis par le débiteur et a fait l'objet de l'information prévue à l'article L. 645-8. Ne peuvent être effacées les dettes correspondant aux créances des salariés, aux créances alimentaires et aux créances mentionnées aux 1° à 3° du I et au II de l'article L. 643-11. Les dettes effacées sont mentionnées dans le jugement de clôture. Ne peuvent être effacées les dettes grevant un patrimoine dont la situation n'est pas irrémédiablement compromise. Aucune dette ne peut être effacée lorsqu'il apparaît que le montant du passif total est disproportionné au regard de la valeur de l'actif, biens insaisissables de droit non compris.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Le jugement de clôture est notifié au débiteur et communiqué au ministère public par le greffier. A leur demande, les créanciers dont les dettes sont effacées peuvent obtenir du greffier un extrait certifié conforme du jugement.

Identifiant : LEGIARTI000029173880

Ce que dit ce texte

Qui reçoit le jugement d'effacement, et une asymétrie qui interroge. Le débiteur est notifié, et c'est bien la moindre des choses : c'est sa dette qui disparaît, et ce document lui servira longtemps (Art. R645-17 Article R645-17 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Le jugement de clôture comprend l'état chiffré des créances effacées avec l'indication, selon le cas, du nom ou de la dénomination et du domicile ou siège des créanciers. Il entraîne la caducité de la demande d'ouvertur... En vigueur depuis le 02/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Le ministère public est destinataire, ce qui est cohérent avec son rôle tout au long de la procédure : il a donné son avis, il a reçu le rapport du mandataire, il voit l'issue. Les créanciers, eux, ne reçoivent rien. Le texte leur ouvre seulement la possibilité de demander un extrait certifié conforme. La différence est majeure : ceux dont la créance est effacée doivent faire une démarche pour obtenir la preuve écrite de ce qui vient de leur être opposé. Il faut être juste : ils ne sont pas laissés dans l'ignorance. Le jugement fait l'objet d'une publicité au BODACC et dans un support d'annonces légales (Art. R645-19 Article R645-19 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Un avis du jugement de clôture est adressé pour insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Cette insertion contient l'indication du nom du débiteur, de son adresse professionnelle, de son numéro... En vigueur depuis le 01/01/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), et ils ont été informés de l'ouverture avec les annexes (Art. R645-10 Article R645-10 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Pour l'application de l'article L. 645-8, le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II ou du III de l'article L. 812-2 informe par lettre simple les créanciers connus de l'ouve... En vigueur depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), en même temps qu'on leur reproduisait précisément le texte de cette publicité. L'information existe donc ; c'est sa forme qui diffère. Mais il faut aussi être honnête sur ce que cela produit en pratique. Un fournisseur qui ne surveille pas le BODACC apprendra l'effacement de sa créance quand ses relances resteront sans réponse, ou par le débiteur lui-même. Pour une décision qui éteint définitivement un droit de créance, l'absence de notification individuelle contraste avec les exigences retenues ailleurs dans le livre VI, où les décisions qui touchent aux droits sont notifiées. La justification tient toujours à l'économie de la procédure. Aucun actif, aucune trésorerie, parfois plusieurs dizaines de créanciers : notifier individuellement coûterait plus cher que tout le reste de la procédure. Le choix est assumé, et il est cohérent avec la lettre simple de Art. R645-10 Article R645-10 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Pour l'application de l'article L. 645-8, le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II ou du III de l'article L. 812-2 informe par lettre simple les créanciers connus de l'ouve... En vigueur depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . L'extrait certifié conforme, lui, a une vraie utilité comptable et fiscale. C'est la pièce qui permet à une entreprise créancière de justifier la perte définitive de sa créance et de passer l'écriture correspondante. Le texte a prévu l'outil ; il laisse au créancier le soin de venir le chercher.

Comment gérer cet article

Pour le créancier : demandez l'extrait certifié conforme au greffe. C'est la pièce justificative dont votre comptable a besoin pour constater une perte définitive, et elle ne viendra pas toute seule. Ne comptez pas sur une notification. Si vous suivez un dossier de rétablissement professionnel, surveillez le BODACC : c'est là que la clôture paraîtra (Art. R645-19 Article R645-19 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Un avis du jugement de clôture est adressé pour insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Cette insertion contient l'indication du nom du débiteur, de son adresse professionnelle, de son numéro... En vigueur depuis le 01/01/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Arrêtez vos relances dès que vous savez. Poursuivre une créance effacée n'aboutira à rien et vous expose. Pour le débiteur : conservez la notification. C'est le même document que celui décrit à Art. R645-17 Article R645-17 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Le jugement de clôture comprend l'état chiffré des créances effacées avec l'indication, selon le cas, du nom ou de la dénomination et du domicile ou siège des créanciers. Il entraîne la caducité de la demande d'ouvertur... En vigueur depuis le 02/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , et c'est votre preuve. Si un créancier vous relance après la clôture, invitez-le à demander l'extrait au greffe, ou envoyez-lui directement votre copie : cela règle la question plus vite.

Forces pour le dirigeant
  • Le débiteur est notifié personnellement de la décision qui l'affranchit.
  • L'extrait certifié conforme donne aux créanciers la pièce comptable dont ils ont besoin pour constater la perte.
  • L'information du ministère public boucle son suivi de la procédure.
  • Le dispositif reste cohérent avec l'économie du rétablissement professionnel, qui ne dispose d'aucune trésorerie.
Faiblesses et pièges
  • Les créanciers ne sont pas notifiés d'une décision qui éteint définitivement leur créance.
  • L'extrait n'est délivré que sur demande : il faut savoir qu'il existe et penser à le réclamer.
  • L'information des créanciers repose sur une publicité que peu d'entre eux surveillent.
  • Rien n'est prévu pour informer les cautions, qui avaient pourtant été prévenues en recommandé à l'ouverture.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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