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Urgence

Article R641-16 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
Texte officiel, relecture en cours. Le texte ci-dessous est celui publié par Légifrance (identifiant LEGIARTI000006269669), repris intégralement et sans modification. Il n'a pas encore été relu par notre relecteur juridique : vérifiez sa version en vigueur à la source avant tout usage engageant.
L'essentiel en quelques secondes
  • Les biens, documents et effets dispensés ou extraits de scellés par décision du juge-commissaire sont inventoriés sans délai avec estimation de leur valeur par la personne chargée de réaliser l'inventaire.
  • Leur état est décrit sommairement dans le procès-verbal d'apposition des scellés.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Aucun texte législatif n'est répertorié en regard de cet article.

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Les biens, documents et effets dispensés ou extraits de scellés par décision du juge-commissaire sont inventoriés sans délai avec estimation de leur valeur par la personne chargée de réaliser l'inventaire. Leur état est décrit sommairement dans le procès-verbal d'apposition des scellés.

Identifiant : LEGIARTI000006269669

Ce que dit ce texte

Ce qui sort des scellés, et il faut en garder la trace. Les scellés sont une mesure matérielle brutale et nécessaire. On ferme physiquement les locaux, on appose des bandes, on empêche l'accès. Objectif : que rien ne disparaisse entre le jugement de liquidation et l'inventaire. L'expérience a montré que sans eux, des stocks s'évaporent, des machines partent, des dossiers brûlent. Mais les scellés ne peuvent pas tout bloquer, et le juge-commissaire autorise des sorties : les documents comptables dont le liquidateur a besoin, les biens périssables, les effets personnels du dirigeant, un véhicule de service nécessaire à une activité maintenue. Chaque sortie est une brèche, et c'est précisément ce que ce texte verrouille. Deux obligations, et elles sont complémentaires. L'inventaire avec estimation, « sans délai ». Tout ce qui sort est compté et chiffré immédiatement. Sans cette règle, un bien extrait des scellés échapperait à l'inventaire général et personne ne saurait jamais ce qu'il est devenu. La description sommaire au procès-verbal d'apposition. Le procès-verbal de scellés mentionne ce qui a été sorti : ainsi, celui qui le lira plus tard verra à la fois ce qui a été scellé et ce qui en a été extrait. Deux traces croisées pour le même bien. L'intérêt de cette double trace est purement défensif, et il protège tout le monde. Le liquidateur, contre un reproche de détournement. Le dirigeant, contre le soupçon d'avoir fait disparaître un actif. Les créanciers, qui peuvent vérifier. « Sans délai » est l'exigence qui fait tenir l'ensemble : un inventaire différé est un inventaire reconstitué de mémoire, et la mémoire arrange toujours un peu les choses.

Comment gérer cet article

Pour le dirigeant : demandez la copie du procès-verbal de scellés. Il décrit ce qui a été extrait. Faites inventorier immédiatement vos effets personnels extraits des scellés. L'inventaire vous protège : sans lui, un bien manquant vous sera reproché. Pour le créancier : consultez le procès-verbal d'apposition, il dit ce qui est sorti. Demandez au juge-commissaire la dispense pour les biens périssables : ils se perdent pendant les scellés. « Sans délai » : exigez-le, un inventaire reconstitué n'a pas la même valeur.

Forces pour le dirigeant
  • Toute sortie des scellés est comptée et chiffrée immédiatement.
  • La double trace, inventaire et procès-verbal, protège contre tout soupçon.
  • L'estimation de valeur dès la sortie évite une reconstitution ultérieure.
  • Le texte protège le liquidateur, le dirigeant et les créanciers à la fois.
Faiblesses et pièges
  • « Sans délai » n'est assorti d'aucune sanction.
  • Le texte ne dit pas qui contrôle que l'inventaire a bien été fait.
  • Une description « sommaire » peut être trop vague pour identifier un bien.
  • Le dirigeant n'est pas nécessairement présent lors de l'extraction.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

L'histoire et l'esprit du texte

La règle posée ici traite le point faible de toute mesure de conservation, à savoir les exceptions qu'elle doit nécessairement souffrir. Des scellés qui bloqueraient réellement tout seraient inapplicables, il faut donc des sorties, et chaque sortie est une brèche dans la traçabilité de l'actif. L'arbitrage retenu consiste à payer la souplesse par une double formalité, un inventaire immédiat avec estimation et une mention au procès-verbal d'apposition. Le choix de l'organe est significatif, car l'inventaire est l'oeuvre de la personne chargée de le réaliser et non de celui qui a obtenu la sortie, ce qui dissocie le demandeur du constatant. Ce que révèle le système, c'est que la fonction du texte est purement défensive et qu'elle protège simultanément le liquidateur contre le soupçon de détournement, le débiteur contre celui d'avoir fait disparaître un actif, et les créanciers en leur donnant de quoi vérifier. L'exigence de célérité fait tenir l'ensemble, car un inventaire reconstitué plus tard est un inventaire de mémoire, et la mémoire arrange toujours un peu les choses.

Stratégie, position par position

Juge-commissaire

C'est de sa décision que procède toute dispense ou extraction, et c'est donc lui qui mesure l'ampleur de la brèche ouverte dans les scellés. Le texte ne lui donne en revanche aucun moyen organisé de vérifier que l'inventaire a effectivement été fait. Son contrôle dépend de ce qui lui est spontanément rapporté.

Liquidateur

Il est le premier bénéficiaire de la double trace, puisqu'elle le met à l'abri d'un reproche de détournement sur des biens sortis à sa demande. Les documents comptables dont il a besoin pour travailler relèvent typiquement de ces extractions. Il a donc intérêt à ce que le sans délai soit tenu, davantage que quiconque.

Dirigeant

L'inventaire des biens extraits est sa protection et non une contrainte dirigée contre lui, car sans lui un bien manquant lui sera imputé. Sa difficulté est pratique, puisqu'il n'est pas nécessairement présent lors de l'extraction et ne maîtrise donc pas la description retenue. La copie du procès-verbal d'apposition est le document à réclamer.

Créancier

Le procès-verbal d'apposition lui dit ce qui est sorti du périmètre scellé, et l'inventaire ce que cela valait. Il dispose ainsi d'un moyen de vérification qui ne dépend pas de la bonne volonté d'un tiers. Le caractère sommaire de la description reste toutefois la limite de cette vérification.

Cas de figure

Documents comptables extraits pour le liquidateur

Le liquidateur ne peut pas travailler sans la comptabilité, qui se trouve derrière les scellés, et obtient du juge-commissaire une décision d'extraction. Les pièces sont inventoriées sans délai, avec estimation, et mentionnées au procès-verbal d'apposition. La double trace permettra plus tard d'établir ce qui est sorti et dans quel état.

Biens périssables dispensés de scellés

Des marchandises se dégradent et ne supporteraient pas la durée des scellés, dont le texte ne fixe aucun terme. Une dispense demandée au juge-commissaire les fait sortir du périmètre, ce que l'article vise au même titre que l'extraction. Elles sont alors comptées et chiffrées immédiatement, faute de quoi leur sort serait indéterminable.

Effets personnels du dirigeant

Les lieux contiennent des documents et des effets strictement personnels, sans rapport avec l'activité. Leur extraction suppose une décision du juge-commissaire et entraîne inventaire avec estimation ainsi que mention au procès-verbal. L'absence du dirigeant lors de l'opération le laisse toutefois sans prise sur la description qui sera portée.

Erreurs à ne pas commettre
  • Différer l'inventaire des biens extraits des scellés, et le reconstituer ensuite de mémoire au lieu de le dresser sans délai.
  • Laisser le demandeur de l'extraction dresser lui-même l'inventaire, alors que le texte le confie à la personne chargée de réaliser l'inventaire.
  • Se contenter d'une description trop vague au procès-verbal d'apposition, au point de ne plus pouvoir identifier le bien sorti.
  • Omettre l'estimation de valeur à la sortie, et devoir la reconstituer sur un bien qui n'est plus disponible.
Droit transitoire : la question de la date

La célérité est ici l'élément temporel de la règle, et elle est exprimée sans chiffre, l'inventaire se faisant sans délai, c'est-à-dire au moment même de la sortie des scellés. Cette formulation vaut mieux qu'un délai en jours pour des biens dont l'état change, mais elle n'est assortie d'aucune sanction, et sa portée dépend donc entièrement de la pratique. Le second élément est la chronologie croisée des deux documents, puisque la mention figure au procès-verbal d'apposition et l'estimation à l'inventaire, de sorte que celui qui les lira plus tard verra à la fois ce qui a été scellé et ce qui en a été extrait. Pour anticiper, un dirigeant demandera la copie du procès-verbal au moment où il est établi plutôt que des mois après, et un créancier le consultera avant la répartition. Plus le constat s'éloigne du fait, plus sa valeur probatoire s'érode, et c'est tout l'enjeu de cet article.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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