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Urgence

Article R622-3 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Dans le cas où des comptes annuels n'ont pas été établis ou mis à sa disposition, l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, dresse un état de la situation à l'aide de tout document ou renseignement disponible.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Aucun texte législatif n'est répertorié en regard de cet article.

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Dans le cas où des comptes annuels n'ont pas été établis ou mis à sa disposition, l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, dresse à l'aide de tout document ou renseignement disponible un état de la situation.

Identifiant : LEGIARTI000006269201

Ce que dit ce texte

Ce que l'administrateur fait quand il n'y a pas de comptes, et c'est plus fréquent qu'on ne l'imagine. La situation visée est la règle plutôt que l'exception dans les petites procédures. Une entreprise en difficulté a souvent cessé de tenir sa comptabilité à jour bien avant de déposer : l'expert-comptable n'est plus payé, le dernier exercice n'est pas clos, les comptes ne sont pas déposés au greffe. C'est d'ailleurs l'un des signaux qui déclenchent l'alerte du tribunal (Art. R611-15 Article R611-15 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Lorsque l'injonction de faire a été exécutée dans les délais impartis, l'affaire est retirée du rôle par le président du tribunal. Dans le cas contraire, le greffier constate le non-dépôt des comptes par procès-verbal. En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Sans ce texte, l'administrateur serait bloqué. Toute la période d'observation repose sur une connaissance de la situation économique : que vaut l'actif, quel est le passif, l'exploitation gagne-t-elle ou perd-elle de l'argent chaque mois ? Sans comptes, aucune de ces questions n'a de réponse. « À l'aide de tout document ou renseignement disponible » est une autorisation très large, et elle est nécessaire. Relevés bancaires, factures, carnet de commandes, déclarations de TVA, courriels, ce que disent les salariés : tout peut servir. On ne demande pas une comptabilité reconstituée dans les règles, on demande un état de la situation, c'est-à-dire une image utilisable. La distinction entre « pas établis » et « pas mis à sa disposition » couvre deux cas très différents, et c'est bien vu. Dans le premier, les comptes n'existent pas. Dans le second, ils existent mais on ne les lui donne pas : le dirigeant a disparu, le comptable retient les documents faute d'être payé, les serveurs sont inaccessibles. Le texte traite les deux de la même façon, ce qui évite de bloquer sur la question de savoir pourquoi les comptes manquent. Ce que cet état de situation devient ensuite est important : c'est lui qui nourrit le bilan économique et social (Art. L623-1 Article L623-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde L'administrateur, avec le concours du débiteur et l'assistance éventuelle d'un ou plusieurs experts, est chargé de dresser dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise. Le bilan économique et social pré... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , Art. R623-1 Article R623-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde L'administrateur dépose au greffe et communique aux autorités et personnes mentionnées à l'article L. 626-8, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, le bilan établi conformément à l'article L. 623-1. En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), puis les décisions du tribunal. Un état bâclé produit des décisions mal informées. Deux limites méritent d'être dites. L'article ne vise que l'administrateur : quand il n'y en a pas, c'est-à-dire dans la majorité des petites procédures, le texte ne dit rien de qui dresse cet état. Et il ne prévoit aucune communication de cet état au débiteur, alors que celui-ci est le mieux placé pour corriger une erreur d'interprétation.

Comment gérer cet article

Pour le dirigeant : fournissez tout ce que vous avez, même incomplet. Un état reconstitué sans vous sera moins juste qu'un état reconstitué avec vous, et c'est votre entreprise qu'il décrit. Si votre comptable retient vos documents, dites-le immédiatement. C'est une situation prévue, et le mandataire peut agir. Relevés bancaires, déclarations de TVA, carnet de commandes : ce sont les pièces les plus utiles. Elles disent l'activité réelle mieux qu'un bilan ancien. Demandez à voir l'état de situation. Vous n'en êtes pas destinataire, mais c'est sur lui que se fonderont les décisions vous concernant. Pour l'administrateur : documentez vos sources. Un état de situation dont on ne sait pas d'où viennent les chiffres se conteste facilement.

Forces pour le dirigeant
  • L'absence de comptes ne bloque pas la procédure, alors qu'elle est la règle dans les petites entreprises.
  • L'autorisation d'utiliser tout document disponible donne les moyens de reconstituer une image utilisable.
  • La distinction entre comptes inexistants et comptes indisponibles évite de bloquer sur la cause du manque.
  • L'exigence porte sur un état de la situation, pas sur une comptabilité reconstituée dans les règles.
Faiblesses et pièges
  • Le texte ne vise que l'administrateur : rien n'est dit quand il n'y en a pas, ce qui est le cas le plus fréquent.
  • L'état de situation n'est pas communiqué au débiteur, qui pourrait en corriger les erreurs.
  • Aucun délai n'est fixé, alors que la période d'observation court.
  • Aucune exigence n'est posée sur la traçabilité des sources utilisées.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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