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Urgence

Article R611-15 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Si l'injonction de faire (déposer les comptes annuels) a été exécutée dans les délais, l'affaire est retirée du rôle par le président du tribunal.
  • Dans le cas contraire, le greffier constate le non-dépôt des comptes par procès-verbal.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L611-2-1

Les dispositions du I de l'article L. 611-2 sont applicables, dans les mêmes conditions, aux personnes morales de droit privé et aux personnes physiques exerçant une activité professionnelle agricole ou indépendante, y compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé. Pour l'application du présent article, le tribunal judiciaire est compétent et son président exerce les mêmes pouvoirs que ceux conférés au président du tribunal de commerce. Par exception, lorsque la personne physique ou morale concernée exerce la profession d'avocat, d'administrateur judiciaire, de mandataire judiciaire ou d'officier public ou ministériel, le président du tribunal judiciaire ne procède qu'à l'information de l'ordre professionnel ou de l'autorité compétente dont elle relève, sur les difficultés portées à sa connaissance relativement à la situation économique, sociale, financière et patrimoniale du professionnel.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Lorsque l'injonction de faire a été exécutée dans les délais impartis, l'affaire est retirée du rôle par le président du tribunal. Dans le cas contraire, le greffier constate le non-dépôt des comptes par procès-verbal.

Identifiant : LEGIARTI000006268487

Ce que dit ce texte

Deux phrases qui règlent la suite d'une injonction de déposer les comptes, et qui décident, en pratique, si un dirigeant sort de la zone de surveillance ou y entre. Ce qui précède ce texte. Le dépôt des comptes annuels n'est pas une formalité comptable : c'est le principal signal d'alerte dont dispose le tribunal. Une société qui cesse de déposer est, statistiquement, une société qui va mal, ou qui ne veut pas qu'on voie qu'elle va mal. Le président peut donc enjoindre de déposer, sous astreinte le cas échéant. Le présent article dit ce qui arrive ensuite. La première branche est apaisante, et c'est important de le dire au dirigeant. Comptes déposés dans le délai, affaire retirée du rôle. Pas de sanction, pas de trace de procédure, pas de convocation. Le retrait du rôle signifie que l'affaire sort du circuit du tribunal. Autrement dit, l'injonction n'est pas une punition : c'est un rappel, et celui qui s'exécute n'en garde rien. La seconde branche est la vraie information de l'article, et elle mérite d'être comprise. À défaut, le greffier constate le non-dépôt par procès-verbal. Ce procès-verbal n'est pas une sanction non plus, et c'est précisément ce qui le rend redoutable : c'est une pièce. Une pièce datée, officielle, qui établit que la société ne dépose pas ses comptes malgré une injonction. Elle alimente ensuite tout le reste : le rendez-vous de prévention avec le président, la saisine du ministère public, et le cas échéant la demande d'ouverture d'une procédure (Art. R631-4 Article R631-4 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire Lorsque le ministère public demande l'ouverture de la procédure par requête, celle-ci indique les faits de nature à motiver cette demande. Le président du tribunal, par les soins du greffier, fait convoquer le débiteur p... En vigueur depuis le 01/10/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). La logique d'ensemble est la bonne, et elle est celle de toute la prévention. On donne d'abord une chance, sans trace. Si elle n'est pas saisie, on écrit ce qu'on a constaté. Rien de brutal, rien d'automatique, mais un dossier qui se constitue. Ce qui manque au texte est ce qui manque à toute la prévention : personne n'explique au dirigeant ce que ce procès-verbal va déclencher. Beaucoup de dirigeants ne déposent pas par pudeur, pour ne pas montrer des capitaux propres négatifs à leurs concurrents ou à leurs fournisseurs. Ils ne réalisent pas que le silence attire bien plus l'attention que la publication.

Comment gérer cet article

Déposez, même si les comptes sont mauvais. Un bilan dégradé publié est un bilan parmi d'autres. Un bilan non publié après injonction est un signal, et il est enregistré. Si le délai est intenable, écrivez au greffe avant son expiration en expliquant pourquoi et en donnant une date. Un dirigeant qui explique est traité autrement que celui qui se tait. Retenez ce que gagne celui qui s'exécute : l'affaire est retirée du rôle. Il ne reste rien. C'est rarement dit, et c'est un vrai argument pour agir vite. Si le procès-verbal a été dressé, prenez les devants. Demandez le rendez-vous de prévention avec le président du tribunal, qui est gratuit et confidentiel. Arriver de soi-même vaut infiniment mieux que d'être convoqué. Pour l'expert-comptable : cette injonction est le moment d'alerter votre client. Elle signifie que le tribunal regarde déjà.

Forces pour le dirigeant
  • Le retrait du rôle en cas d'exécution ne laisse aucune trace : la voie du retour à la normale est réellement ouverte.
  • Le procès-verbal de carence donne au tribunal et au parquet une pièce datée et objective, plutôt qu'une impression.
  • La mécanique est graduée : un rappel d'abord, un constat ensuite, aucune sanction automatique.
  • Le texte est bref et sans ambiguïté : deux situations, deux suites.
Faiblesses et pièges
  • Rien n'explique au dirigeant ce que le procès-verbal va déclencher ensuite.
  • Le texte n'organise aucun échange avec le débiteur avant le constat : on constate, on ne demande pas pourquoi.
  • Le dirigeant n'est pas nécessairement avisé que le procès-verbal a été dressé.
  • Aucune passerelle n'est prévue vers les dispositifs de prévention, qui sont pourtant la suite utile.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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