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Urgence

Article L622-33 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce
Texte officiel, relecture en cours. Le texte ci-dessous est celui publié par Légifrance (identifiant LEGIARTI000044052617), repris intégralement et sans modification. Il n'a pas encore été relu par notre relecteur juridique : vérifiez sa version en vigueur à la source avant tout usage engageant.
L'essentiel en quelques secondes
  • Le créancier porteur d'engagements solidaires qui a reçu un acompte avant le jugement d'ouverture ne peut déclarer sa créance que sous déduction de cet acompte et conserve, sur le reste dû, ses droits contre les coobligés et contre ceux qui ont consenti une sûreté personnelle ou affecté ou cédé un bien en garantie.
  • Ceux de ces garants qui ont fait le paiement partiel peuvent déclarer leur créance pour tout ce qu'ils ont payé à la décharge du débiteur.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Si le créancier porteur d'engagements, solidairement souscrits par le débiteur soumis à une procédure de sauvegarde et d'autres coobligés, a reçu un acompte sur sa créance avant le jugement d'ouverture, il ne peut déclarer sa créance que sous déduction de cet acompte et conserve, sur ce qui lui reste dû, ses droits contre les personnes coobligées ou ayant consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté ou cédé un bien en garantie. Les personnes coobligées ou ayant consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté ou cédé un bien en garantie qui ont fait le paiement partiel peuvent déclarer leur créance pour tout ce qu'elles ont payé à la décharge du débiteur.

Identifiant : LEGIARTI000044052617

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Aucun texte réglementaire n'est répertorié en regard de cet article.

Ce que dit ce texte

Le texte organise le partage d'un titre déjà entamé. Un acompte a été versé avant le jugement d'ouverture : la créance n'est plus entière, et le passif du débiteur ne doit pas l'être non plus. Le créancier déclare donc sous déduction, c'est-à-dire pour ce qui lui reste effectivement dû. La règle paraît évidente ; elle ne l'est que parce qu'elle a été écrite, car la solidarité aurait pu conduire à soutenir le contraire. Déduire ne veut pas dire renoncer. Le même alinéa précise que le créancier conserve, sur ce qui lui reste dû, ses droits contre les coobligés et contre ceux qui ont garanti la dette, qu'il s'agisse d'une sûreté personnelle ou d'un bien affecté ou cédé en garantie. Il perd donc une part de son assiette dans la procédure, non ses recours en dehors d'elle. C'est la différence de nature entre le passif admis et le droit de poursuite. Le second alinéa ouvre la porte dans l'autre sens. Celui qui a payé partiellement à la décharge du débiteur n'est pas un étranger à la procédure : il peut déclarer pour tout ce qu'il a payé. La place laissée libre par la déduction imposée au créancier est ainsi occupée par le payeur partiel, et le passif reste complet sans jamais compter deux fois la même somme. L'équation est propre : ce que l'un retranche, l'autre peut déclarer. La comparaison avec Art. L622-31 Article L622-31 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Le créancier, porteur d'engagements souscrits, endossés ou garantis solidairement par deux ou plusieurs coobligés soumis à une procédure de sauvegarde, peut déclarer sa créance pour la valeur nominale de son titre, dans... En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Texte en attente de validation juridique. Cliquer pour consulter l'article complet → éclaire la frontière. Là, le créancier déclare la valeur nominale du titre dans chaque procédure ; ici, il déclare sous déduction. Le critère de départage est temporel : l'acompte a été reçu avant le jugement d'ouverture. Ce qui est encaissé avant réduit le passif déclaré, ce qui le sera après relève du plafonnement de Art. L622-32 Article L622-32 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Aucun recours pour les paiements effectués n'est ouvert aux coobligés soumis à une procédure de sauvegarde les uns contre les autres à moins que la réunion des sommes versées en vertu de chaque procédure n'excède le mont... En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Texte en attente de validation juridique. Cliquer pour consulter l'article complet → . L'ordonnance du 15 septembre 2021 a refondu la formule et laissé deux régimes en présence. La note transitoire est explicite : ces dispositions ne sont pas applicables aux procédures en cours au jour de son entrée en vigueur. Pour les dossiers les plus anciens, il faut donc encore savoir lire la version antérieure, exercice que le texte en vigueur ne signale pas à son lecteur.

Comment gérer cet article

Chiffrez votre déclaration nette de tout acompte encaissé avant le jugement : déclarer brut expose la créance à contestation dans les conditions de Art. L622-27 Article L622-27 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde S'il y a discussion sur tout ou partie d'une créance autre que celles mentionnées à l'article L. 625-1, le mandataire judiciaire en avise le créancier intéressé en l'invitant à faire connaître ses explications. Le défaut... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . Conservez la preuve de la date de l'acompte : c'est elle, et non son montant, qui détermine le régime applicable. Si vous avez payé partiellement à la décharge du débiteur, déclarez pour tout ce que vous avez payé, sans attendre d'avoir soldé : le second alinéa vous y autorise. Respectez le délai de Art. R622-24 Article R622-24 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Le délai de déclaration fixé en application de l'article L. 622-26 est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Le même délai est applica... En vigueur depuis le 02/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour cette déclaration de payeur partiel : le texte ouvre un droit, il ne crée aucun délai particulier. Vérifiez la date d'ouverture de la procédure avant d'appliquer cette rédaction : elle ne vaut pas pour les procédures en cours au 1er octobre 2021.

Forces pour le dirigeant
  • Le texte empêche le passif d'être gonflé d'un montant déjà encaissé, ce qui protège directement la sincérité du plan.
  • Il dissocie nettement l'assiette de la déclaration et les droits de poursuite contre les coobligés et les garants, deux choses que la pratique confond souvent.
  • Le second alinéa évite un trou dans le passif en permettant au payeur partiel de déclarer pour ce qu'il a versé.
  • Le critère retenu, la date de l'acompte par rapport au jugement d'ouverture, est objectif et vérifiable sur pièce.
  • La rédaction de 2021 englobe les sûretés réelles consenties pour autrui, ce qui met le vocabulaire en accord avec les pratiques de garantie réellement utilisées.
Faiblesses et pièges

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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