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Urgence

Article D626-15 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 09/04/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel, tout simplement
  • Les remises ont un but précis : faciliter la restructuration financière, la poursuite de l'activité et le maintien de l'emploi. Ce n'est pas une faveur faite au dirigeant.
  • La remise n'est pas justifiée dès lors que l'entreprise n'est plus viable. C'est la condition la plus dure, et c'est à vous de prouver que vous l'êtes.
  • Elle ne doit pas représenter un avantage économique injustifié : on ne vous place pas en meilleure position que vos concurrents qui ont payé.
  • Condition de recevabilité : aucune condamnation définitive depuis au moins dix ans pour travail dissimulé, emploi d'étranger sans titre ou prêt illicite de main-d'oeuvre (articles L. 8224-1, L. 8224-2, L. 8224-3 et L. 8224-5 du code du travail), pour le débiteur comme pour ses organes ou représentants.
  • L'examen tient compte de cinq critères : efforts des créanciers privés, efforts financiers des actionnaires et dirigeants, situation financière et perspectives de rétablissement pérenne, comportement habituel envers les créanciers publics, autres efforts déjà consentis par eux (cessions de rang, abandon de sûretés, délais accordés).
En clair

C'est l'article qui dit à quelles conditions la collectivité accepte de perdre de l'argent. La première condition est la plus brutale : on n'aide pas une entreprise condamnée. Renoncer à des créances publiques pour prolonger de six mois une entreprise qui va disparaître, c'est perdre l'argent deux fois, la créance abandonnée et les dettes nouvelles accumulées pendant le sursis. Vous devez donc démontrer que vous êtes viable, et vos comptes passés ne le démontreront jamais : seuls un plan de trésorerie prévisionnel et un carnet de commandes le font. Deuxième condition, et elle n'est pas financière : si vous, vos organes ou vos représentants avez été condamnés définitivement pour travail illégal dans les dix dernières années, votre demande n'est pas examinée moins favorablement, elle n'est pas examinée du tout. Ensuite viennent cinq critères, et deux d'entre eux vous concernent directement. On regarde ce que les actionnaires et les dirigeants ont remis de leur poche : la recapitalisation précède la remise. Et on regarde comment vous avez payé jusque-là : celui qui a toujours payé et qui trébuche une fois n'est pas traité comme celui qui n'a jamais payé spontanément. C'est l'un des rares endroits du Livre VI où votre passé joue en votre faveur.

À ne pas faire
Lire le texte officiel de l'article

Qui s'appuie sur ce texte

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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