Aller au contenu
Sauver mon entreprise.fr
Urgence
Cass. com. · 02/07/2025 · n° 24-13.438

L'interdiction d'inscrire une sûreté après le jugement d'ouverture survit à l'adoption du plan : l'hypothèque inscrite pendant son exécution encourt la mainlevée

Cette fiche vous a servi ?
Arrêt commenté Rendu le 2 juillet 2025 · Source : texte officiel

Les faits

Le 25 mars 2009, la Banque populaire Méditerranée a consenti par acte notarié un prêt à la société TP2M, destiné à financer l'acquisition d'un terrain et la construction de deux villas. La banque disposait d'une inscription d'hypothèque, publiée et renouvelée avec effet jusqu'au 24 mars 2019, qu'elle a ensuite laissée expirer. Le 15 mars 2018, TP2M a été mise en sauvegarde et la banque a déclaré sa créance ; un plan a été adopté le 18 juillet 2019. Le 20 décembre 2022, alors que le plan était en cours d'exécution, la banque a inscrit une hypothèque judiciaire provisoire sur les biens immobiliers de TP2M et la lui a dénoncée le 26 décembre 2022. La mainlevée de cette inscription a été demandée au motif qu'elle violait l'article L. 622-30 du code de commerce. La cour d'appel de Riom, par arrêt du 6 mars 2024, a ordonné la mainlevée ; la banque s'est pourvue en cassation.

La question posée

L'adoption d'un plan de sauvegarde met-elle fin à l'interdiction d'inscrire une sûreté posée par l'article L. 622-30 du code de commerce, et le juge peut-il ordonner la mainlevée de l'hypothèque judiciaire provisoire inscrite en violation de cette interdiction pendant l'exécution du plan ?

Ce que l'arrêt décide

Il résulte de l'application combinée des articles L. 622-30 du code de commerce et R. 512-1 du code des procédures civiles d'exécution que le juge de l'exécution peut, lorsqu'il est saisi dans les délais légaux, ordonner la mainlevée d'une mesure conservatoire inscrite en violation de l'interdiction édictée au premier de ces textes à laquelle l'adoption d'un plan de sauvegarde ne met pas fin.

Ce que dit la Cour

« Il résulte de l'application combinée des articles L. 622-30 du code de commerce et R. 512-1 du code des procédures civiles d'exécution que le juge de l'exécution peut, lorsqu'il est saisi dans les délais légaux, ordonner la mainlevée d'une mesure conservatoire inscrite en violation de l'interdiction édictée au premier de ces textes à laquelle l'adoption d'un plan de sauvegarde ne met pas fin. »

Texte intégral : source officielle
La portée pratique
L'arrêt applique l'article L. 622-30 du code de commerce, hors corpus commenté, et l'article R. 512-1 du code des procédures civiles d'exécution, d'où l'absence de renvoi déclaré.
Comment s'en servir
Le dirigeant dont l'entreprise exécute un plan de sauvegarde peut demander la mainlevée pure et simple d'une hypothèque judiciaire provisoire inscrite après le jugement d'ouverture : il n'a pas à se contenter de l'inopposabilité que plaidait la banque. Il doit prouver deux choses, la date de l'inscription, postérieure au jugement d'ouverture, et le fait que le plan était encore en cours d'exécution, ce que la dénonciation de l'inscription permet de dater. Le piège est le délai : la mainlevée s'obtient devant le juge de l'exécution, saisi dans les délais légaux de l'article R. 512-1 du code des procédures civiles d'exécution, et une contestation tardive laisse l'inscription en place. Côté créancier, la leçon est symétrique : une hypothèque conventionnelle qu'on laisse expirer pendant la procédure ne se rattrape pas par une inscription provisoire en cours de plan.

Relu et validé le 31 août 2026 par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge des procédures collectives et juge-commissaire.

Partager

Commentaire signé, source vérifiée le 29/08/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

Signaler une erreur sur cette page

Chaque signalement est examiné par l'équipe éditoriale avant toute correction.

Information générale : ce site ne délivre aucun conseil juridique personnalisé. Avant toute décision, consultez un avocat. Lire l'avertissement Trouver un avocat