Obtenir des remises de dettes fiscales et sociales : ce que l'État peut accepter
Dirigeant en conciliation ou en procédure, expert-comptable
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire · publié le 11 août 2026
On croit l'impôt intouchable, et beaucoup de plans meurent de cette croyance : le dirigeant négocie avec sa banque et ses fournisseurs, et considère les dettes fiscales et sociales comme un bloc de granit. Le livre VI dit l'inverse : les administrations financières et les organismes sociaux peuvent consentir des remises de dettes à l'entreprise en difficulté (Art. L626-6 Article L626-6 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le... En vigueur depuis le 19/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), dans les conditions où un créancier privé prudent l'aurait fait. Ce guide explique la logique, le périmètre, et surtout la manière de demander : l'État ne fait pas l'aumône, il arbitre en créancier.
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Le principe : l'État créancier peut faire un effort, comme les autres
Dans le cadre d'une conciliation, d'une sauvegarde ou d'un redressement, les administrations financières, les organismes de sécurité sociale et assimilés peuvent remettre tout ou partie de leurs dettes (Art. L626-6 Article L626-6 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le... En vigueur depuis le 19/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). La logique est concordataire : si les créanciers privés consentent des efforts pour sauver l'entreprise, l'État peut prendre sa part, plutôt que de provoquer une liquidation où il ne récupérerait presque rien. Le texte aligne l'État sur le marché : il consent ses remises « dans des conditions similaires » à celles d'un créancier privé prudent.
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Ce qui se remet, et ce qui ne se remet pas
Tout n'est pas remissible, et la frontière est morale autant que juridique : les pénalités, majorations et intérêts de retard se remettent le plus facilement ; l'impôt lui-même peut l'être pour les impositions directes ; mais les impôts que l'entreprise a collectés pour le compte de l'État (la TVA facturée aux clients, le prélèvement à la source retenu sur les salaires) ne se remettent pas : cet argent n'a jamais été le vôtre, le remettre reviendrait à vous donner ce que vos clients et salariés ont déjà payé. Bâtissez votre demande sur cette distinction : elle montre que vous avez compris la règle du jeu.
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Le bon guichet et le bon moment
La demande s'adresse aux créanciers publics concernés, qui statuent dans le cadre de commissions réunissant les services (la commission des chefs des services financiers, en pratique, pour coordonner impôts et cotisations). Le bon moment : le plus tôt possible, dès la conciliation (Art. L611-7 Article L611-7 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Le conciliateur a pour mission de favoriser la conclusion entre le débiteur et ses principaux créanciers ainsi que, le cas échéant, ses cocontractants habituels, d'un accord amiable destiné à mettre fin aux difficultés d... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → permet d'y associer les administrations) ou pendant la période d'observation, quand le plan se construit (Art. L626-5 Article L626-5 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les propositions pour le règlement des dettes peuvent porter sur des délais, remises et conversions en titres donnant ou pouvant donner accès au capital. Elles sont, au fur et à mesure de leur élaboration et sous surveil... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → organise la consultation des créanciers sur les propositions de règlement). Une remise obtenue éclaire tout le reste de la négociation : elle signale aux créanciers privés que l'État croit au dossier.
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Le dossier : démontrez que la remise est le meilleur placement de l'État
Votre demande doit contenir ce qu'un analyste crédit exigerait : la situation exacte (actif disponible, passif exigible, le calcul de Art. L631-1 Article L631-1 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire Il est institué une procédure de redressement judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné aux articles L. 631-2 ou L. 631-3 qui, dans l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en ce... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → posé), la cause des difficultés et sa réversibilité, le plan d'affaires qui porte le redressement, l'effort demandé aux autres créanciers (l'État ne veut pas être le seul à payer le sauvetage), et la comparaison chiffrée : ce que l'État touche avec la remise et le plan, contre ce qu'il toucherait dans une liquidation, derrière les salariés (Art. L3253-6 Article L3253-6 En vigueur Code du travail · Garantie des salaires (AGS) Tout employeur de droit privé assure ses salariés, y compris ceux détachés à l'étranger ou expatriés mentionnés à l'article L. 5422-13, contre le risque de non-paiement des sommes qui leur sont dues en exécution du contr... En vigueur depuis le 01/05/2008 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → fait de l'AGS un créancier majeur) et les frais de justice. Si cette comparaison ne plaide pas pour vous, retravaillez le plan avant de demander.
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Et en cas de refus : les délais restent
La remise est une faculté, pas un droit : le refus n'est pas un déni de justice. Mais il reste les délais : les créanciers publics peuvent accorder des échéanciers, et le plan de sauvegarde ou de redressement peut imposer des délais uniformes à tous les créanciers qui refusent les propositions, jusqu'à 10 ans (Art. L626-12 Article L626-12 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Sans préjudice de l'application des dispositions de l'article L. 626-18, la durée du plan est fixée par le tribunal. Elle ne peut excéder dix ans. Lorsque le débiteur est une personne exerçant une activité agricole défin... En vigueur depuis le 24/05/2019 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Autrement dit : l'État peut refuser d'abandonner sa créance, il ne peut pas exiger d'être payé plus vite que le plan arrêté par le tribunal. Le temps, lui, se gagne toujours.
Point de vigilance
La remise publique n'est jamais automatique et ne s'obtient pas en plaidant la misère : elle s'accorde dans des conditions comparables à celles qu'un créancier privé placé dans la même situation accepterait (Art. L626-6 Article L626-6 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le... En vigueur depuis le 19/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Votre dossier doit démontrer que la remise rapporte à l'État plus que votre liquidation : c'est un raisonnement d'investisseur, chiffres à l'appui.
Et maintenant ?
Questions fréquentes
L'URSSAF peut-elle vraiment abandonner une partie de sa créance ?
Oui, Art. L626-6 Article L626-6 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le... En vigueur depuis le 19/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → le permet expressément aux organismes de sécurité sociale, dans les conditions qu'un créancier privé prudent accepterait. En pratique, les majorations et pénalités se remettent plus aisément que les cotisations elles-mêmes, et la part salariale des cotisations (précomptée sur les salaires) ne se remet pas : comme la TVA, elle n'a jamais appartenu à l'entreprise.
Puis-je demander une remise de TVA ?
La TVA est un impôt que vous collectez pour le compte de l'État : vos clients l'ont payée dans vos factures. Elle ne fait pas partie des dettes remissibles, et la demander décrédibilise un dossier. Concentrez la demande sur les pénalités, majorations, intérêts, et les impositions directes.
Faut-il être en procédure collective pour obtenir une remise ?
Le cadre de Art. L626-6 Article L626-6 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les administrations financières, les organismes de sécurité sociale, les institutions gérant le régime d'assurance chômage prévu par les articles L. 351-3 et suivants du code du travail et les institutions régies par le... En vigueur depuis le 19/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → vise la conciliation et les procédures collectives. Hors de tout cadre, des délais de paiement se négocient directement avec les services (et un moratoire écrit sort la dette du passif exigible de Art. L631-1 Article L631-1 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire Il est institué une procédure de redressement judiciaire ouverte à tout débiteur mentionné aux articles L. 631-2 ou L. 631-3 qui, dans l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en ce... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , ce qui peut vous éloigner de la cessation des paiements). Mais la remise véritable s'obtient dans le cadre organisé, où l'effort de l'État s'inscrit dans un plan d'ensemble.
La remise est-elle définitive ?
Elle s'inscrit dans l'accord ou le plan qui la porte : si le plan est résolu pour inexécution, les créanciers retrouvent en principe leurs créances, déduction faite des sommes perçues. La remise se mérite deux fois : à l'obtention, puis en tenant le plan qui la conditionne.
Pour aller plus loin
Le socle légal, article par article
Ce que ce guide met en œuvre, texte par texte. Déduit des renvois du guide lui-même, et vérifié présent au corpus : jamais un article cité de mémoire.
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Article L3253-6
Un intrus dans le corpus, et le plus important de tous : cet article du code du travail est le socle de l'AGS, cette garantie des salaires que toutes les fiches sociales invoquent. Le voici en original. La technique est une assurance obligatoire. Tout employeur de droit privé, sans exception de taille ni de forme, assure ses salariés contre le non-paiement en procédure collective ; les cotisations patronales alimentent le régime, géré par l'association que les textes voisins organisent, et le sinistre assuré est précisément l'ouverture d'une sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation. La mutualisation est totale : chaque employeur paie pour le risque de tous, et le salarié de la PME défaillante est couvert par les cotisations de toutes les entreprises de France. L'inclusion des détachés et expatriés ferme une échappatoire géographique : le salarié envoyé à l'étranger par un employeur français reste couvert ; la mobilité ne fait pas sortir du filet. Pourquoi cette fiche dans un corpus du livre VI ? Parce que sans elle, rien du bloc social ne se comprend : le superprivilège (L625-8) organise le rang, les relevés (L625-1) la reconnaissance, mais c'est cette assurance qui met les euros sur la table quand la caisse est vide, quitte à subroger l'AGS dans les droits des salariés pour les récupérer sur la procédure. La grande paix sociale des faillites françaises, des salaires payés en jours même quand l'employeur ne paie plus rien, repose sur cette phrase du code du travail, et sur la mutualisation qu'elle impose.
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Article L611-7
Cet article dit ce qu'est réellement un conciliateur, et la lecture surprend souvent : c'est un négociateur sans pouvoir. Il ne prend aucune décision de gestion, ne signe rien à la place du dirigeant, et n'administre pas l'entreprise. Sa force n'est pas juridique, elle est situationnelle. Ce qu'il apporte, un dirigeant seul ne l'obtient jamais : il met les créanciers autour d'une même table, avec les mêmes chiffres, et chacun voit ce que les autres consentent. C'est précisément ce qui manque quand on négocie un par un, où chaque interlocuteur répond qu'il veut bien faire un effort si les autres en font un. Le texte permet aussi au conciliateur de présenter toute proposition relative à la sauvegarde de l'entreprise, à la poursuite de l'activité et au maintien de l'emploi. La formule est large, et c'est voulu : elle autorise à sortir du seul rééchelonnement de dettes pour envisager une recapitalisation, une cession partielle ou l'entrée d'un partenaire.
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Article L626-12
Combien de temps peut durer la promesse ? Le plan de sauvegarde étale un passif sur l'avenir ; ce texte borne l'avenir : dix ans, quinze pour l'agriculteur. Le plafond protège les deux camps à la fois. Les créanciers d'abord : un étalement sans limite reviendrait à convertir leurs créances en rente perpétuelle, et le dividende de l'an vingt ne vaut rien pour une entreprise créancière qui vit, elle, au trimestre. Le débiteur ensuite, ce qu'on oublie : dix ans sous plan, c'est dix ans de commissaire à l'exécution, de dividendes annuels, de liberté surveillée ; un plan plus long ne serait pas une faveur mais une peine. La borne force le réalisme : ce qui ne peut pas se rembourser en dix ans ne relève pas d'un plan, mais d'un abandon partiel de créances, ou d'une autre solution. L'exception agricole est une leçon d'économie appliquée. L'agriculture vit des cycles longs : plantations qui produisent à sept ans, cheptels qui se reconstituent en années, aléas climatiques qui effacent un exercice entier. Quinze ans épousent le temps agricole comme dix ans épousent le temps commercial ; le législateur a plié le calendrier judiciaire sur le calendrier des saisons, et cette souplesse explique que le monde agricole, structurellement endetté sur le long terme, trouve dans les procédures un outil praticable. La réserve initiale (« sans préjudice de L626-18 ») rappelle que la durée du plan et les délais imposés aux créanciers dialoguent : la fiche des dividendes donne l'autre moitié de l'équation.
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Article L626-5
Ce texte contient une asymétrie que presque personne ne relève, et qui décide de dossiers entiers. Le silence d'un créancier produit deux effets opposés selon ce qu'on lui demande. S'il s'agit de délais ou de remises, le défaut de réponse dans les trente jours vaut acceptation. Le créancier qui n'ouvre pas son courrier consent. S'il s'agit d'une conversion de créance en titres, le défaut de réponse vaut refus. Le même créancier, resté aussi silencieux, s'oppose. La logique est parfaitement défendable. Accepter un délai ou une remise, c'est renoncer à une partie de ce qui est dû : le créancier reste créancier, en moins bien. Devenir actionnaire, c'est changer de nature juridique, entrer au capital d'une entreprise en difficulté, et parfois s'exposer à des obligations nouvelles. On ne peut pas devenir associé par inadvertance. En pratique, cela oriente toute la construction d'un plan. Un plan bâti sur des délais et des remises avance avec le silence des créanciers passifs ; un plan bâti sur des conversions doit aller chercher chaque accord un par un, par écrit, sans exception. Le dernier alinéa évite un travail inutile : le mandataire n'a pas à consulter ceux dont le plan ne change rien, ni ceux qui sont payés intégralement dès l'arrêté du plan ou l'admission de leur créance. On ne demande pas son avis à quelqu'un à qui l'on ne demande aucun effort. Un point de vigilance : la consultation ne vise que les créanciers ayant déclaré leur créance conformément à L622-24. Celui qui n'a pas déclaré n'est pas consulté, ce qui est une conséquence de plus, souvent inattendue, de la forclusion. Enfin, la transmission des propositions aux contrôleurs et au comité social et économique n'est pas décorative : elle permet à ceux qui suivent le dossier de réagir pendant l'élaboration, et non devant le fait accompli.
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Article L626-6
Presque aucun dirigeant ne le croit avant de le lire : l'État peut remettre ses dettes. Pas seulement étaler, remettre. Ce texte le dit, et il dit aussi comment penser la demande. Le critère est celui de l'investisseur privé, et il faut le comprendre pour l'utiliser. Les administrations remettent « dans des conditions similaires à celles que octroierait, dans des conditions normales de marché, un opérateur économique privé placé dans la même situation ». Autrement dit, la question n'est pas « l'État veut-il être généreux ? » mais « un créancier privé rationnel, à la place de l'URSSAF, accepterait-il cette remise ? ». La réponse est oui chaque fois que la remise partielle dans un plan qui survit rapporte plus que le dividende d'une liquidation. Le dossier de demande de remise est donc un dossier de comparaison chiffrée : voilà ce que vous toucherez si l'entreprise vit, voilà ce que vous toucherez si elle meurt. Ce critère n'est pas une fantaisie : il vient du droit européen des aides d'État. Une remise plus généreuse que celle d'un opérateur privé serait une aide, avec son cortège de récupérations. Le plafond de la générosité publique est la rationalité d'un créancier privé. La distinction entre impôts est capitale, et elle épargne des espoirs inutiles. Les impôts directs, impôt sur les sociétés, contributions assises sur les bénéfices, peuvent être remis en principal. Les impôts indirects, la taxe sur la valeur ajoutée en tête, ne le peuvent jamais : seuls les accessoires, intérêts, majorations, pénalités, se remettent. La raison est connue de toutes les fiches de ce site : la taxe sur la valeur ajoutée n'a jamais appartenu à l'entreprise, qui n'en était que collectrice. On ne remet pas l'argent des autres. Le dernier alinéa est peu lu et très utile. Ces créanciers peuvent aussi céder leur rang de privilège ou d'hypothèque, voire abandonner leurs sûretés. Dans un dossier où le Trésor prime tout le monde, une cession de rang peut débloquer un financement nouveau qui exigeait la première place. C'est un levier de négociation que presque personne n'actionne. La demande s'inscrit dans la consultation des créanciers de L626-5, et la commission compétente statue dans des conditions fixées par décret. Un refus n'est pas une fatalité définitive : la modification du plan (L626-26) rouvre la porte.
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Article L631-1
Article fondateur du redressement judiciaire. Il donne la définition légale de la cessation des paiements, l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible, et y apporte un tempérament décisif : les réserves de crédit et moratoires obtenus des créanciers entrent dans l'actif disponible. Il fixe ensuite les trois finalités de la procédure et annonce son aboutissement : un plan arrêté par le tribunal après période d'observation.