Article R625-5 du Code de commerce
- Le débiteur donne toutes les informations utiles au mandataire judiciaire et à l'administrateur sur les instances en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement d'ouverture.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.
Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.
Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.
Partie législative
La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)
Art. L625-3
Les instances en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement d'ouverture sont poursuivies en présence du mandataire judiciaire et de l'administrateur lorsqu'il a une mission d'assistance ou ceux-ci dûment appelés. Le mandataire judiciaire informe dans les dix jours la juridiction saisie et les salariés parties à l'instance de l'ouverture de la procédure.
Ouvrir la fiche complète de l'article →Partie réglementaire
L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)
Le débiteur donne toutes les informations utiles au mandataire judiciaire et à l'administrateur, s'il en a été désigné, sur les instances en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement d'ouverture.
Identifiant : LEGIARTI000006269546
Une ligne, et elle conditionne la régularité de procès en cours. Le problème que le texte prévient. Un ou plusieurs salariés avaient engagé un contentieux prud'homal avant l'ouverture. Ces instances continuent, mais leur régime change : les institutions de garantie doivent y être mises en cause (Art. R641-34 Article R641-34 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Lorsque des instances sont en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement d'ouverture de la liquidation judiciaire, les informations relatives à l'objet et aux circonstances du litige ainsi que les élém... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → en liquidation, Art. L625-3 Article L625-3 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les instances en cours devant la juridiction prud'homale à la date du jugement d'ouverture sont poursuivies en présence du mandataire judiciaire et de l'administrateur lorsqu'il a une mission d'assistance ou ceux-ci dûme... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → plus généralement), et le mandataire doit y être présent ou représenté. Encore faut-il que le mandataire sache que ces instances existent. Or il n'a aucun moyen de le deviner : rien dans la comptabilité ne signale un procès prud'homal en cours, et le conseil de prud'hommes ne prévient pas spontanément. Seul le dirigeant le sait, et le texte met donc l'obligation là où est l'information. Les conséquences d'un silence sont sérieuses, et il faut les dire. Une instance qui se poursuit sans que les institutions de garantie aient été mises en cause aboutit à un jugement qui risque de ne pas leur être opposable. Le salarié gagne, et il gagne contre une coquille vide. Il devra tout recommencer, des mois plus tard. Autrement dit, le silence du dirigeant se paie par le salarié. « Toutes les informations utiles » est plus exigeant qu'une simple liste. Ce n'est pas seulement le nom des demandeurs : c'est l'objet du litige, son état d'avancement, la juridiction saisie, la date d'audience, les pièces. C'est ce qui permet au mandataire d'intervenir utilement plutôt que de découvrir le dossier à la barre. On retrouve ici la logique de Art. R622-2 Article R622-2 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Dès le jugement d'ouverture, le débiteur est tenu de signaler à l'administrateur ou, à défaut, au mandataire judiciaire, tous ses établissements et d'en faciliter l'accès, de communiquer la liste du personnel ainsi que t... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → : dès l'ouverture, le dirigeant livre ce que lui seul détient. Et comme à Art. R622-2 Article R622-2 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Dès le jugement d'ouverture, le débiteur est tenu de signaler à l'administrateur ou, à défaut, au mandataire judiciaire, tous ses établissements et d'en faciliter l'accès, de communiquer la liste du personnel ainsi que t... En vigueur depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , l'obligation n'est assortie d'aucune sanction expresse. Ce que le texte ne prévoit pas non plus : aucun délai. « Donne », sans échéance, alors qu'une audience prud'homale peut être fixée à quinze jours du jugement d'ouverture.
Pour le dirigeant : listez vos contentieux prud'homaux dès le jugement. Nom du salarié, objet, juridiction, date d'audience, avocat. Votre silence se paiera par le salarié. Remettez les dossiers, pas seulement les noms. « Toutes les informations utiles » signifie que le mandataire doit pouvoir intervenir sans découvrir l'affaire à l'audience. N'oubliez pas les instances en appel. Elles sont aussi en cours à la date du jugement. Pour un salarié demandeur : vérifiez que les institutions de garantie ont été mises en cause. Sans cette mise en cause, votre jugement risque de ne pas leur être opposable. Pour le mandataire : demandez cette liste explicitement. Elle n'arrive pas toujours spontanément, et aucun délai n'est fixé.
- L'obligation pèse sur celui qui détient l'information, et lui seul la détient.
- « Toutes les informations utiles » va au-delà d'une liste de noms : elle permet une intervention effective.
- Elle conditionne la mise en cause des institutions de garantie, donc l'efficacité du jugement pour le salarié.
- Le texte vise les deux mandataires, administrateur et mandataire judiciaire.
- Aucun délai n'est fixé, alors qu'une audience peut être proche du jugement d'ouverture.
- Aucune sanction n'est prévue en cas de silence du dirigeant.
- C'est le salarié qui subit les conséquences d'un manquement du dirigeant.
- Le texte ne dit pas quelle forme doit prendre l'information.
Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le