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Urgence

Article R645-11 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Le mandataire judiciaire ou la personne désignée sur le fondement de L. 812-2 informe, par lettre recommandée avec avis de réception, de l'ouverture de la procédure : les cautions, les personnes coobligées, celles ayant consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté un bien en garantie.
  • Sont visées celles dont l'existence a été portée à sa connaissance par le débiteur ou par un créancier.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L645-11 Application directe

La clôture de la procédure de rétablissement professionnel entraîne effacement des dettes à l'égard des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture de la procédure, a été portée à la connaissance du juge commis par le débiteur et a fait l'objet de l'information prévue à l'article L. 645-8. Ne peuvent être effacées les dettes correspondant aux créances des salariés, aux créances alimentaires et aux créances mentionnées aux 1° à 3° du I et au II de l'article L. 643-11. Les dettes effacées sont mentionnées dans le jugement de clôture. Ne peuvent être effacées les dettes grevant un patrimoine dont la situation n'est pas irrémédiablement compromise. Aucune dette ne peut être effacée lorsqu'il apparaît que le montant du passif total est disproportionné au regard de la valeur de l'actif, biens insaisissables de droit non compris.

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Art. L645-8

Le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II de l'article L. 812-2 ou sur le fondement du III de ce même article informe sans délai les créanciers connus de l'ouverture de la procédure et les invite à lui communiquer, dans un délai de deux mois à compter de la réception de cet avis, le montant de leur créance avec indication des sommes à échoir et de la date des échéances ainsi que toute information utile relative aux droits patrimoniaux dont ils indiquent être titulaires à l'égard du débiteur.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II ou du III de l'article L. 812-2 informe, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, de l'ouverture de la procédure de rétablissement professionnel, les cautions et les personnes coobligées ou ayant consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté un bien en garantie, dont l'existence a été portée à sa connaissance par le débiteur ou par un créancier.

Identifiant : LEGIARTI000033708635

Ce que dit ce texte

Les garants sont prévenus, et en recommandé. La différence avec la lettre simple des créanciers (Art. R645-10 Article R645-10 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Pour l'application de l'article L. 645-8, le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II ou du III de l'article L. 812-2 informe par lettre simple les créanciers connus de l'ouve... En vigueur depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) n'est pas un détail : elle dit exactement ce qui se joue pour eux. La règle qu'il faut avoir comprise avant tout le reste : l'effacement des dettes du débiteur ne libère pas la caution. C'est le principe même du cautionnement. Le créancier qui voit sa créance effacée à l'égard de l'entrepreneur conserve son recours contre celui qui a garanti. Autrement dit, la procédure qui sauve l'artisan peut ruiner son conjoint, son frère ou son ami qui avait signé. Voilà pourquoi le recommandé. Le créancier de Art. R645-10 Article R645-10 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Pour l'application de l'article L. 645-8, le mandataire judiciaire ou la personne choisie sur le fondement du premier alinéa du II ou du III de l'article L. 812-2 informe par lettre simple les créanciers connus de l'ouve... En vigueur depuis le 01/01/2017 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → n'a rien à faire et ne risque rien de nouveau. La caution, elle, va être appelée. Elle doit pouvoir organiser sa défense, vérifier son engagement, en discuter l'étendue, envisager elle-même une procédure de surendettement. Elle a besoin de savoir, et de le savoir de manière datée. La forme suit exactement l'enjeu, et c'est une cohérence qu'on ne trouve pas partout dans le livre VI. Le périmètre est large et il est bien vu. Cautions, coobligés, garants personnels, mais aussi ceux qui ont affecté un bien en garantie. Cette dernière catégorie est celle qu'on oublie toujours : le parent qui a hypothéqué sa maison pour permettre à son enfant de démarrer n'est pas caution, il n'a rien promis de payer, il a seulement donné un bien en gage. Il risque pourtant sa maison. Le texte va le chercher. La limite est sévère, et il faut la nommer : « dont l'existence a été portée à sa connaissance ». Le mandataire n'informe que ceux qu'on lui a signalés, par le débiteur ou par un créancier. Il ne mène pas d'enquête sur les garanties. Un entrepreneur qui, par honte ou par oubli, ne mentionne pas que son beau-frère s'est porté caution, laisse celui-ci apprendre la nouvelle par la mise en demeure du créancier, des mois plus tard. C'est le point où le devoir moral rejoint l'intérêt bien compris. Un débiteur qui signale ses cautions leur donne le temps de réagir. Celui qui les tait ne les protège pas : il retarde seulement le moment où elles l'apprendront, et il y ajoute la surprise.

Comment gérer cet article

Pour le débiteur : signalez toutes vos cautions et tous vos garants au mandataire, sans exception. C'est la seule façon qu'ils soient prévenus à temps. Les taire ne les protège de rien. N'oubliez pas ceux qui ont donné un bien en garantie sans être cautions : hypothèque consentie par un parent, nantissement, gage. Ils risquent leur bien et le texte les vise expressément. Pour la caution qui reçoit cette lettre : ne l'ignorez pas. L'effacement des dettes du débiteur ne vous libère pas. Vous serez appelé. Ressortez votre acte de cautionnement et faites-le lire. Montant, durée, mentions manuscrites, proportionnalité à vos revenus au jour de la signature : les moyens de défense d'une caution se trouvent presque toujours dans l'acte lui-même. Si vous êtes un particulier, renseignez-vous sur la procédure de surendettement. Une caution appelée pour une dette professionnelle peut relever de ce dispositif. Pour le créancier : signalez au mandataire les garants que vous connaissez. Le texte prévoit expressément que l'information puisse venir de vous.

Forces pour le dirigeant
  • Le recommandé avec avis de réception est exactement adapté à l'enjeu : les garants, eux, vont être appelés.
  • Le périmètre inclut ceux qui ont affecté un bien en garantie sans être cautions, catégorie toujours oubliée.
  • L'information peut venir du débiteur comme d'un créancier, ce qui multiplie les chances que le garant soit atteint.
  • Les garants reçoivent l'information assez tôt pour organiser leur propre défense.
Faiblesses et pièges
  • Seuls les garants signalés sont informés : aucune recherche n'incombe au mandataire.
  • Un débiteur qui tait ses cautions, par honte ou par oubli, les laisse découvrir la situation par la mise en demeure.
  • Le texte n'informe pas la caution de ce qu'elle peut opposer au créancier : elle reçoit un fait, pas un mode d'emploi.
  • Aucun délai n'est fixé au mandataire pour envoyer ces lettres.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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