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Urgence

Article R641-15 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 27/03/2007 · Source : Légifrance · Code de commerce
L'essentiel en quelques secondes
  • Le juge-commissaire peut ordonner l'apposition des scellés sur tout ou partie des biens du débiteur. Il est alors procédé selon les règles prévues pour les scellés après décès.
  • Il est donné avis de l'apposition au juge-commissaire qui l'a ordonnée.
  • Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut ou dont le titre est protégé, l'apposition a lieu en présence d'un représentant de l'ordre professionnel ou de l'autorité dont il relève.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L641-15 Application directe

Pendant la procédure de liquidation judiciaire, le juge-commissaire peut ordonner que le liquidateur ou l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, soit le destinataire du courrier adressé au débiteur. Le débiteur, préalablement informé, peut assister à l'ouverture du courrier. Toutefois, une convocation devant une juridiction, une notification de décisions ou tout autre courrier ayant un caractère personnel doit être immédiatement remis ou restitué au débiteur. Il y a également lieu à remise ou à restitution immédiate du courrier intéressant un patrimoine du débiteur autre que celui visé par la procédure. Le juge-commissaire peut autoriser l'accès du liquidateur et de l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, au courrier électronique reçu par le débiteur dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat. Lorsque le débiteur exerce une activité pour laquelle il est soumis au secret professionnel, les dispositions du présent article ne sont pas applicables.

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Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Le juge-commissaire peut ordonner l'apposition des scellés sur tout ou partie des biens du débiteur. Dans ce cas, il est procédé selon les règles prévues pour les scellés après décès. Il est donné avis de l'apposition des scellés au juge-commissaire qui l'a ordonnée. Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, l'apposition des scellés a lieu en présence d'un représentant de l'ordre professionnel ou de l'autorité dont il relève.

Identifiant : LEGIARTI000006269668

Ce que dit ce texte

La mise sous scellés, et une comparaison qui en dit long. À quoi servent les scellés. Entre le jugement de liquidation et l'inventaire, il s'écoule des jours. Pendant ce temps, les locaux contiennent du stock, du matériel, des dossiers, parfois des espèces. Ces biens sont désormais destinés aux créanciers, et personne ne les surveille. Les scellés figent la situation, matériellement, jusqu'à ce que l'inventaire soit fait. Le renvoi aux règles des scellés après décès est saisissant, et il n'est pas fortuit. Le droit choisit délibérément de traiter la cessation d'activité comme une succession : quelqu'un a disparu, son patrimoine doit être conservé intact jusqu'à ce qu'on sache ce qu'il contient et à qui il revient. La comparaison est brutale, elle est aussi juste, et elle explique pourquoi elle a été retenue : la technique existait, elle était éprouvée, et elle répondait exactement au même besoin. L'avis donné au juge-commissaire referme la boucle. Celui qui ordonne est informé de l'exécution. Sans cela, il ordonnerait sans savoir si sa décision a été suivie d'effet, ce qui est le défaut de bien des textes du livre VI. Le troisième alinéa est celui qu'il faut expliquer, parce qu'il ne protège pas ce qu'on croit. Quand le débiteur exerce une profession libérale réglementée, l'apposition se fait en présence d'un représentant de l'ordre. Ce n'est pas une faveur faite au professionnel : c'est une protection des tiers. Dans le cabinet d'un avocat, d'un médecin, d'un notaire ou d'un expert-comptable, il y a des dossiers. Des dossiers qui contiennent le secret professionnel, c'est-à-dire des informations qui n'appartiennent ni au professionnel liquidé, ni à ses créanciers, mais à ses clients ou à ses patients. Ces personnes n'ont rien à voir avec la liquidation, et leur secret ne fait pas partie de l'actif à réaliser. La présence d'un représentant de l'ordre est ce qui garantit qu'on scelle sans consulter, et que les dossiers seront traités selon les règles de la profession. Ce que le texte ne prévoit pas : ni délai pour l'apposition, ni délai pour la levée. Or des scellés apposés et laissés en place bloquent tout, y compris ce qui pourrait être vendu rapidement et se déprécie chaque semaine.

Comment gérer cet article

Pour le dirigeant : signalez ce qui ne vous appartient pas, avant l'apposition. Matériel en crédit-bail, biens en dépôt, effets personnels, documents d'identité. Une fois scellé, tout devient plus lent. Sortez vos documents personnels si vous le pouvez encore. Papiers de famille, ordonnances, documents sans rapport avec l'activité : ils n'ont rien à faire sous scellés. Demandez la levée dès que l'inventaire est fait. Des scellés maintenus au-delà de leur utilité paralysent la vente et détruisent de la valeur. Pour un professionnel libéral : votre ordre doit être présent, exigez-le. Ce n'est pas un privilège, c'est la protection du secret de vos clients ou de vos patients. Pour un créancier propriétaire d'un bien : faites-vous connaître immédiatement. Un bien scellé se revendique, mais la procédure est plus longue que si vous aviez parlé avant.

Forces pour le dirigeant
  • Les scellés figent matériellement l'actif entre le jugement et l'inventaire, période où rien ne le protège.
  • Le renvoi aux règles des scellés après décès importe une technique éprouvée plutôt que d'en créer une.
  • L'avis au juge-commissaire lui permet de savoir que sa décision a été exécutée.
  • La présence de l'ordre professionnel protège le secret des clients et des patients, tiers étrangers à la procédure.
  • L'apposition peut ne porter que sur une partie des biens, ce qui évite de tout paralyser.
Faiblesses et pièges
  • Aucun délai n'est fixé pour l'apposition ni pour la levée des scellés.
  • Des scellés maintenus trop longtemps déprécient des biens qui auraient pu être vendus vite.
  • Rien n'organise le sort des effets strictement personnels du débiteur se trouvant dans les lieux.
  • Le texte ne prévoit pas l'information du débiteur avant l'apposition.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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