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Urgence

Article R611-47 du Code de commerce

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En vigueur Depuis le 02/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L611-14

Après avoir recueilli l'accord du débiteur et, en cas de recours à la conciliation et au mandat à l'exécution de l'accord, l'avis du ministère public dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, le président du tribunal fixe, au moment de leur désignation, les conditions de la rémunération du mandataire ad hoc, du conciliateur, du mandataire à l'exécution de l'accord et, le cas échéant, de l'expert, en fonction des diligences qu'implique l'accomplissement de leur mission. Leur rémunération est arrêtée à l'issue de celle-ci par ordonnance du président du tribunal qui est communiquée au ministère public. La rémunération ne peut être liée au montant des abandons de créances obtenus ni faire l'objet d'un forfait pour ouverture du dossier. Les recours contre la décision arrêtant la rémunération sont portés devant le premier président de la cour d'appel dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat.

Ouvrir la fiche complète de l'article →

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Les conditions de rémunération du mandataire ad hoc, du conciliateur du mandataire à l'exécution de l'accord et de l'expert mentionnées à l'article L. 611-14 comprennent les critères sur la base desquels elle sera arrêtée, son montant maximal et, le cas échéant, le montant ou les modalités de versement des provisions.

Identifiant : LEGIARTI000029175137

Ce que dit ce texte

Une phrase, et la meilleure protection dont dispose un dirigeant qui entre en prévention. Le contexte, sans lequel rien ne se comprend. Le mandat ad hoc et la conciliation sont des procédures payées par l'entreprise, à un professionnel désigné par le président du tribunal. Le dirigeant ne choisit pas librement son prestataire comme il choisirait un consultant, et il n'a aucun moyen de mise en concurrence. Sans encadrement, il signerait un chèque en blanc à quelqu'un qu'il n'a pas choisi, au moment précis où il n'a plus de trésorerie. Les trois éléments exigés forment un vrai devis, et chacun sert à quelque chose de différent. Les critères disent comment le montant se construira : temps passé, complexité, nombre de créanciers, résultat obtenu. Ils permettent au dirigeant de comprendre ce qui fera monter la facture, donc de piloter la mission. Le montant maximal est la disposition décisive. C'est un plafond, connu à l'avance. Il transforme une dépense inconnue en ligne budgétaire. Un dirigeant qui sait que la prévention lui coûtera au plus telle somme peut décider si elle est à sa portée ; sans plafond, il n'entrerait qu'à l'aveugle. Les provisions disent le rythme des décaissements. Ce n'est pas secondaire : le total peut être supportable et le calendrier ne pas l'être. Une entreprise qui doit verser la moitié à l'ouverture n'est pas dans la même situation que celle qui étale. Ce que le texte protège, au fond, c'est l'entrée en prévention elle-même. La prévention ne fonctionne que si les dirigeants osent y aller. La peur du coût est l'un des premiers freins, avec la crainte du regard des autres. Un cadre financier écrit, plafonné, connu avant de commencer, lève une partie de cette peur. C'est un texte court qui produit un effet économique réel. Sa limite est qu'il encadre la forme, pas le niveau. Le texte impose qu'un montant maximal soit fixé ; il ne dit pas qu'il doit être proportionné à la taille de l'entreprise. C'est l'accord du débiteur, exigé par Art. L611-14 Article L611-14 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Après avoir recueilli l'accord du débiteur et, en cas de recours à la conciliation et au mandat à l'exécution de l'accord, l'avis du ministère public dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, le président... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , qui joue ce rôle. Autrement dit, le vrai pouvoir du dirigeant ici, c'est de ne pas signer.

Comment gérer cet article

Ne donnez jamais votre accord sans les trois éléments. Critères, plafond, provisions : si l'un manque, demandez-le avant de signer. Négociez le plafond, il est négociable. Votre accord est requis : c'est le seul moment de la procédure où vous disposez d'un vrai levier. Regardez le calendrier des provisions autant que le total. Une somme supportable versée au mauvais moment ne l'est plus. Demandez ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas. Les frais annexes, les déplacements, l'intervention d'un tiers : ce que les critères ne couvrent pas viendra en plus. Mettez ce plafond dans votre plan de trésorerie avant d'entrer en prévention. C'est une dépense certaine, à un moment où chaque euro compte. Comparez-le à ce que coûterait une procédure collective. La prévention reste, dans la très grande majorité des cas, l'option la moins chère.

Forces pour le dirigeant
  • Le montant maximal transforme une dépense inconnue en ligne budgétaire connue avant de s'engager.
  • Les critères rendent la facture prévisible et permettent au dirigeant de piloter la mission.
  • Les modalités de versement traitent le calendrier de trésorerie, et pas seulement le total.
  • Le dispositif couvre les quatre intervenants de la prévention, sans zone grise.
  • En rendant le coût prévisible, le texte lève l'un des principaux freins à l'entrée en prévention.
Faiblesses et pièges
  • Le texte encadre la forme et non le niveau : aucun barème, aucune proportionnalité à la taille de l'entreprise.
  • Le dirigeant négocie seul, en état de faiblesse, avec un professionnel qu'il n'a pas choisi.
  • Rien n'oblige à détailler ce qui est exclu du forfait, source classique de dépassements.
  • Le montant maximal n'est pas nécessairement le montant final ramené à la baisse si la mission est brève.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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