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Urgence
Cass. com. · 08/03/2011 · n° 10-13.988

Cœur Défense : la sauvegarde ne se refuse pas à qui prouve ses difficultés

Arrêt commenté Rendu le 8 mars 2011 · Source : texte officiel
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Ce que l'arrêt décide

L'arrêt le plus célèbre du droit de la sauvegarde. La cour d'appel avait rétracté l'ouverture au motif que les sociétés cherchaient seulement à échapper à leurs obligations contractuelles et que leur activité même n'était pas en difficulté. Cassation : la loi n'exige ni une difficulté affectant l'activité, ni un examen des mobiles du débiteur. Hors la fraude, la sauvegarde est un droit pour qui justifie de difficultés insurmontables de nature à conduire à la cessation des paiements.

Ce que dit la Cour

« Attendu que, hors le cas de fraude, l'ouverture de la procédure de sauvegarde ne peut être refusée au débiteur, au motif qu'il chercherait ainsi à échapper à ses obligations contractuelles, dès lors qu'il justifie, par ailleurs, de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter et qui sont de nature à le conduire à la cessation des paiements »

Texte intégral : source officielle
La portée pratique
Ce que cet arrêt change pour le dirigeant : la sauvegarde (Art. L620-1 Article L620-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur demande d'un débiteur mentionné à l'article L. 620-2 qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter. Cett... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) s'apprécie sur des critères objectifs, pas sur un procès d'intention. Peu importe que la protection dérange un créancier ou gèle un contrat : si les difficultés sont réelles, insurmontables et de nature à conduire à la cessation des paiements, la porte est ouverte. La Cour ajoute qu'une difficulté purement financière suffit, sans que l'activité opérationnelle soit atteinte, et que la crainte des associés de perdre le contrôle ne peut pas être opposée au débiteur.

Les textes que cet arrêt applique

Relu et validé le 14 août 2026 par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge des procédures collectives et juge-commissaire.

Commentaire signé, source vérifiée le 12/08/2026. La décision elle-même est consultable sur sa source officielle : seul ce texte fait foi. Le commentaire éclaire la portée pratique, il ne remplace pas un conseil personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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